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04 janvier 2013

Antarctique : Terra Incognita.


Terra Incognita.

Marie Le Fort

Immense continent blanc et ultime frontière du monde, l’Antarctique fut longtemps baptisée Terra Incognita car elle restait insondable. Méconnue, elle rime dans notre imaginaire avec froid et engelures, nuits australes (trop sombres ou trop claires) et désert d’hommes. Et pour cause, 98% de sa surface sont recouverts d’une couche de glace d’une épaisseur moyenne d’1,6 km. Plus grande calotte glaciaire et réserve d’eau douce au monde, l’Antarctique est aussi le continent le plus froid, le plus sec et le plus venteux avec ses vents catabatiques pouvant atteindre jusqu’à 350km/h.

 

Antarctique ©Marie Le Fort

Terre de tous les superlatifs, l’Antarctique se mérite : il faut braver les extrêmes en toute humilité pour l’atteindre. A commencer par le passage de Drake au sud du Cap Horn qui, s’il est courroucé, se creuse de houle avec une violence extrême. Cauchemar des marins à bord de leur petite bicoque, les Cinquantièmes Hurlants créent un rempart autour du continent blanc.
Embarquer, à Ushuaïa, à bord du flambant neuf Austral de la Compagnie du Ponant avec une équipe de naturalistes chevronnés campe un décor rassurant. Des cabines 5 étoiles et un bon goût à la française, des chefs sur le pont à toute heure et un vaste théâtre habillé de velours rouge, tout semble en place pour que la Croisière S’Amuse… le luxe de voguer vers la péninsule Antarctique commence alors sous les meilleurs auspices.

Antarctique ©Marie Le Fort

Après 36 heures en mer. Terre en Vue… Là encore on a envie de croire à une terre, à un bout de sol tangible. Mais rien de tout cela : l’Antarctique est un fil blanc qui court sur l’horizon. Une estampe du froid. Pétrie de silence, son image oscille entre le roulis du bateau et les élans du vent qui claque. Sereine de prime abord, elle parle pourtant un langage intense: celui de la glace qui se fendille et des séracs qui craquent, de la banquise qui ondule comme une immense voile, des remous et des icebergs qui piègent tout sur leur passage.

Antarctique ©Marie Le Fort

Terre d’extrême(s), l’Antarctique joue les belles cyclothymiques : en une seule journée, elle plonge d’un désespoir venté vers une extase cristalline. D’une aube tendre, elle se fige en une trogne renfrognée d’escarpements rocheux. Immaculée, elle s’habille d’un blanc duveteux avant de salir son profil de collines volcaniques et plages de cendres noires…

Antarctique ©Marie Le Fort

Habitants ces contrées comme autant de petits esprits malins (ou kami diraient les japonais), les icebergs sculptent chaque plan de formes ciselées. Ils se courbent et se creusent d’arches, se tendent, presque stridents, vers des pics acérés. Constamment à la dérive, ces géants de glace peuplent tous les horizons, révèlent tous les nuanciers de l’Antarctique. Ils soulignent des glacis bleu délavé, rose pâle et jaune clair ; vibrent de bleus luisants ; se couvrent d’un blanc crayeux ; se parent d’ombres grisées comme autant de fards.

Antarctique ©Marie Le Fort

Et puis il y a les manchots : agiles sous l’eau, titubants (et pourtant experts) à la surface, ils bravent toutes les pentes et conditions d’un entrain contagieux. Mieux, par endroit, ils tracent de véritables Penguin Highway, véritables sentiers bicolores qu’ils arpentent – poitrail blanc devant à la descente, dos noir sur le chemin ascendant – pour descendre et remonter à leur nid.  Face au brouhaha d’une colonie de 100 000 manchots ayant entièrement ‘reboisé’ des pans montagneux, on reste fasciné par ce grand spectacle de la nature… bien plus divertissant que le meilleur des dessins animés !

Antarctique ©Marie Le Fort

Au fil des jours, plus on l’approche, plus l’Antarctique recule, dévoilant des contrées toujours plus vastes. Ultime refuge, elle recueille néanmoins tous les songes. Projette, du matin au soir, des rêves sur grand écran… Il suffit de la regarder faire : depuis sa cachette tout en bas, elle magnifie les éléments, saupoudre tout d’un blanc protecteur, retient son souffle pour que tout soit paisible, invente des sons inespérés et tient (même) tête aux hommes.
L’Antarctique : le point d’orgue de tous les tours du monde.

Antarctique ©Marie Le Fort

« Pendant que je regarde vers le large, le soleil se couche insensiblement, les teintes bleues si variées et si douces des icebergs sont devenues plus crues, bientôt le bleu foncé des crevasses et des fentes persiste seul, puis graduellement succède avec une douceur exquise une teinte maintenant rose et c’est tellement beau, qu’en me demandant si je rêve, je voudrais rêver toujours. Le ciel devient une coquille de nacre où s’irisent, en se confondant sans se heurter, toutes les couleurs de la nature… »
Jean-Baptiste Charcot « Le Français au Pôle Sud », explorateur (1867-1936).

Antarctique ©Marie Le Fort

Tous les étés australs (de fin novembre à début mars), l’Austral de la Compagnie du Ponant navigue dans les eaux autour de la péninsule Antarctique avec, ou non, une escale en Géorgie du Sud. Le voyage d’une vie.

www.ponant.com



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