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Novembre 2018

Salon de la villa Arreaza, Caracas-1956. Une halte novembre 2018. Plume Voyage Magazine #plumevoyage @plumevoyagemagazine @plumevoyage © Gio Ponti Archives Milan

GIO PONTI,
archi-psychédélique

texte et photos de l’exposition Par Françoise Spiekermeier et photos DR

A Paris, le Musée des Arts Décoratifs présente TUTTO PONTI, une exposition-hommage dédiée à l’oeuvre de l’architecte et designer milanais GIO PONTI, l’un des plus influents du XXème siècle. Prolifique, ce créateur italien a bouleversé l’architecture d’après-guerre et ouvert les perspectives d’un nouvel art de vivre. Côté architecture intérieure, une géométrie spaciale soulignée par l’usage de la couleur et des rayures, plonge l’habitant dans une expérience quasi-psychédélique. Des centaines de pièces ont été sorties de leur lieu d’origine et sont montrées au public au sein de cette première rétrospective parisienne.

  • Avec Gio Ponti, "la maison devient une création, une composition unique d'espaces, de lumières qui, mis en rapport les uns avec les autres, nous procurent des émotions plus belles, plus fraîches, plus proches de l'architecture et de notre vision de la vie".

    C'est ainsi que Gio Ponti envisage l'architecture, comme un lieu de déploiement d'un ressenti intérieur, d'une forme de libération de l'être.

    L’espace est redéfini pour redéployer le champs de l’expérience humaine et l’architecture n’est pas séparée de l’aménagement intérieur: Gio Ponti refuse de séparer la conception du contenu et du contenant. Pour lui, l’architecture est design, et inversement. Par conséquent, habiter est une expérience sans rupture d’émotions.

  • Né en 1891 à Milan, en Italie, il entreprend des études d'architecture à l'Ecole Polytechnique de Milan dont il sort diplômé en 1921, après avoir servi en tant que capitaine dans le corps des ingénieurs pendant la première Guerre Mondiale.

    La même année, il se marie et fonde son cabinet d'architecte avec deux associés.

    Deux ans plus tard, l’un des plus importants fabricants italiens de porcelaine, Richard Ginori, le nomme directeur artistique. Son travail pour cette maison fondée en 1735, icône contemporaine du « made in Italy », est couronné par le Grand Prix de Céramique à l’Exposition Universelle de Paris en 1925. Il apporte un regard neuf à travers sa promotion de la production en série de haute qualité. Cette première expérience marquera son style car son goût pour la céramique l’amènera à intégrer ce matériau à l’architecture, tant en décoration intérieure qu’en revêtement de façades.

  • La maison Richard Ginori

    La maison Richard Ginori a prêté plus de trente pièces, exposées au Musée des arts Décoratifs, parmi lesquelles le Vaso Delle Donne e delle architetture, le Vaso Prospettica, une des pièces les plus connues du maître, la Mano della Fattucchierra, un objet de design intemporel et le centre de table Il Trionfo da tavola per le ambasciate d’Italia, pièce exceptionnelle rééditée aujourd’hui grâce aux dessins retrouvés dans les archives de la Manufacture.

  • La céramique est pour Gio Ponti un terrain d'expérimentation hors pair.

    Le plus bel exemple est sans doute la réalisation de l'hôtel Parco dei Principi en 1960, à Sorrente, et de celui de Rome de 1961 à 1964. Gio Ponti y met en oeuvre sa conception de l'hôtel comme une oeuvre d'art totale.

    Il opte pour une solution immersive chromatique en bleu et blanc de manière à pouvoir inviter l’extérieur à l’intérieur. Avec la complicité de Ceramica D’Agostino de Salerne, il réalise trente carreaux de 20 centimètres de côté ornés de motifs bleus et blancs qui, assemblés et orientés de différentes manières, permettent d’obtenir une centaine de sols différents, un nombre suffisant pour rendre chaque chambre unique. Des galets de céramique évoquant les parois de grottes et de jardins baroques ornent les murs du lobby. Le revêtement en céramique est utilisé de manière récurrente pour des édifices religieux et privés: la villa Arreaza, à Caracas, l’immeuble Montedoria (1964-1970) par exemple.

  • Réalisée entre 1953 et 1957 à Caracas au Vénézuela, la Villa Planchart est une oeuvre d'art totale, la transposition d'un rêve d'Italie dans la végétation tropicale vénézuelienne.

    Tous les matériaux, les marbres comme l’aluminium, les menuiseries, mais aussi le mobilier et les objets artisanaux sont acheminés d’Italie par bateau.

    Il conçoit cette maison comme une sculpture abstraite à grande échelle qui se parcourt de l’intérieur, et propose une séquence ininterrompue de spectacles changeants. Au fil des pièces, un kaléidoscope de couleurs anime les surfaces.
 Les plafonds rayés de jaune du salon, 
de la bibliothèque et de la petite salle à manger répondent à la mosaïque de marbre du sol de l’entrée, et s’assortissent aux cartouches multicolores du plafond de la grande salle à manger. Même les portes et les fenêtres sont rendues uniques par leurs motifs géométriques peints en rose, jaune et bleu ciel sur fond blanc.

  • Côté mobilier, la scénographie de l'exposition réalisée par le cabinet de l'architecte Jean-Michel Wilmotte,

    reproduit des espaces intérieurs, ou encore aligne les pièces, pour les présenter parfois de manière totalement isolées,

    sous l’éclairage qui les magnifie et fait ressortir l’ingéniosité de leur conception.

  • L'un des points forts de l'exposition est la présentation de dessins originaux.

    Qu'il s'agisse des projets de céramiques pour la maison Richard Ginori ou des projets de couverts ou de cafetières pour la maison Christofle, les croquis permettent d'explorer le processus créatif du maître et sa profonde liberté de ton.

    Tout au long de sa vie, il n’a cessé de communiquer avec ses amis, les institutions ou des commanditaires privés, en écrivant des lettres richement illustrées, les textes se nichant dans les dessins, composant de véritables oeuvres en écho à son activité d’éditeur. A travers l’édition de la revue Domus, Gio Ponti a accomplit un travail de vulgarisation et de transmission unique pour créer un lien entre l’architecture, le design et le vaste public. Il y publiait des textes en langue originale, faisant de ce magazine polyglotte le point de ralliement de la diversité d’une culture universelle. Le 500 ème numéro paru en juillet 1971 lui fut consacré: « au directeur que nous aimons comme homme et comme maitre, et qui pilote la revue depuis trente-cinq bonnes années ». Gio Ponti, faiseur de « ponts » universels.

    Exposition au Musée des arts Décoratifs jusqu’au 10 février 2019

    http://madparis.fr/

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