09/22
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Marseille : TUBA CLUB, un cabanon sur l’eau aux Goudes

Un ancien club de plongée transformé en lieu de vie pour les copains : le Tuba club, cabanon réhabilité dans l’esprit de la culture et des matériaux locaux, ressuscite un art de vivre « perdu ». Celui de la simplicité et de la complicité,  du modeste, du brut, du combat ou de l’osmose avec les éléments naturels. Le seul lieu où l’on peut réserver une chambre dans le Parc National des Calanques. Un paradis retrouvé ! Un sas d’acclimatation à l’univers fantasmé du cabanon marseillais.

TUBA OÙ?! C’EST PAR LÀ!

Un escalier en plongée vertigineuse sur le bleu cobalt. Préparez masque et tuba : c’est bien là ! Un Invader masqué-tubé sur l’angle du bâtiment joue les indics… Pas d’issue. On doit plonger depuis le haut de la rue. En bas, les rochers, la côte brute. Sans fard ni protection, on se retrouve, nu, sous l’empire des éléments naturels : le soleil d’abord. Ici, le « cagnard » (soleil en langue provençale) tape fort. Paille et verres teintés de rigueur. Le vent : le Mistral arrive de face avec une violence folle (« on se barricade comme avant un cyclone en Floride »). La pierre enfin : sur cette bande minérale calcaire chauffée à blanc, les seuls refuges en été sont la mer, profonde et fraîche quand elle n’est pas houleuse, les parasols blancs de la terrasse du restaurant, et l’intérieur du cabanon, où règnent ombre et fraîcheur. Mais comment ne pas préférer se rassasier de cette lumière brute qui transcende le corps ?

UN CLUB DE PLONGEE DANS LE PARC NATIONAL DES CALANQUES

A l’origine, le Tuba Club est un club de plongée, situé dans la zone isolée du quartier des Goudes, au bout du monde … de Marseille (8ème arrondissement dans le Parc National des Calanques). C’est le domaine des pêcheurs en barquette traditionnelle, des usines de chaux fermées depuis longtemps. Un lieu coupé du centre urbain où les habitants, jeunes et vieux, perpétuent été comme hiver, le style de vie modeste d’antan, dans des baraques de bric et de broc. Une seule route conduit dans ce cul-de-sac. En apnée, Jacques Mayol en compagnie de Falco, le commandant de La Calypso de Cousteau, explorait les profondeurs du spot situé pile en face du Tiboulen de Maïre et de l’île Maïre aux eaux poissonneuses.

PARADIS RETROUVÉ

« C’est un endroit où le temps s’est arrêté, un Paradis perdu, au style de vie typique, l’esprit cabanon y est encore bien vivant. On se devait d’être à la hauteur » explique Fabrice Denizot, l’un des trois fondateurs du nouveau lieu culte de Marseille. Etre à la hauteur, c’est retourner au modeste, à l’économie, au minimalisme. Celui d’un Corbusier qui utilise des matériaux pauvres dans son cabanon devenu symbole universel du modernisme (le cabanon de Le Corbusier à Roquebrune Cap-Martin) et qui, partout au Tuba Club, est cité en référence dans l’architecture intérieure signée par Marion Mailaender. Ainsi, le contreplaqué marine, matériau au ton chaleureux qui réchauffe le Cabanon de Le Corbusier construit comme un chalet, et dont l’intérieur est entièrement habillé par ce bois, ce matériau est récurrent au Tuba, au bar, dans le restaurant, et surtout dans les cinq chambres avec fenêtres sur la mer. Grand lit blanc simplissime, porte-manteau « pipe » (celle du Corbu ?) minimaliste signé par l’artiste Elvire Bonduelle. Sur les rayons de la bibliothèque, une série originale de San Antonio, une vieille édition de carte géographique des Calanques. Dans les salles de bains, les murs habillés de céramique blanche, se colorent en jaune sous l’effet de la lumière solaire traversant des vitres teintées, la robinetterie et la tuyauterie apparente de chaufferie industrielle utilisée par Le Corbu est également présente, détail presque éducatif pour s’imprégner de cet esprit de modernité qui empruntait son vocabulaire esthétique à l’industrie.
« Côté menuiserie, tout a été fait sur mesure par l’Atelier 36, menuisiers à Marseille, le sol de style provençal est réalisé en Opus incertum, les murs sont enduits à la chaux par l’un des derniers artisans spécialisés de la région » explique Fabrice Denizot, producteur de cinéma de profession, qui prend un plaisir non dissimulé à construire -en synergie avec son complice, Grégory Gassa- ce lieu de vie convivial, touche après touche, jusque dans les moindres détails de décoration, avec des bibelots bien terroir (comme cette soupière à bouillabaisse, ou des céramiques de Vallauris) chinés sur internet ou sur les marchés de Provence.

DU BOIS, DE LA PIERRE ET DE L’INOX POUR RESISTER A LA HOULE

« On a regardé autour de nous. Ici aux Goudes, les éléments ont une présence extrême. Le Tuba Club est le bâtiment le plus près de l’eau de toute la rade de Marseille ! La houle arrive sur nous avec une hauteur de 4 mètres. Nous ne pouvions utiliser que du bois, de la pierre et de l’inox (pour l’échelle qui descend dans la mer), les matériaux utilisés au port des Goudes, les seuls capables de résister. » Parfaitement confinés, les travaux ont duré le temps du confinement. Côté entrée de l’hôtel, ou sas de décompression, les murs chaulés s’animent de fresques signées Emmanuelle Luciani associée au collectif marseillais Southway Studio pour faire comme les gens d’ici, qui s’essayaient à la peinture sur les murs de leur cabanon d’été. Des potiches en terre cuite réalisées dans les ateliers Ravel à Aubagne, se nichent ici et là. Dans le couloir des chambres, un porte-palmes et tuba à saisir à tout moment pour faire plouf sans réfléchir, non sans avoir enjambé les matelas, clin d’œil riviera italienne, rayés de jaune et blanc.

PECHE DU JOUR

Sur les tables en bois du restaurant, la pêche du jour s’offre : crustacé du moment à la braise, loup entier désarêté et fumé au barbecue, thon rouge de Méditerranée en tartare.. mais aussi côtelettes d’agneau grillées (qui régalaient des papilles des cabanoniers) en simplicité mâtinée par le duo de Chefs, Sylvain Roucayrol et Paul-Henri Bayart.

LES ACTUS DU TUBA

Côté rue, la façade en travaux, sans fenêtres, cultive un style énigmatique. Des bardages en bois habillent le ciment. Le Tuba Club vient de s’agrandir grâce au rachat d’un bâtiment mitoyen qui permettra l’adjonction de trois chambres (portant à 8 chambres la capacité hôtelière), d’une autre salle de restaurant et d’un bar à cocktails installé sur le rooftop.
Kevin Sabatier, chef Barman qui a roulé sa bosse dans les brasseries du vieux port jusqu’aux hôtels de luxe, s’est vu confier la direction de l’établissement et devra cet hiver, jongler avec la force des éléments, la tempête privant la clientèle des tables sur la digue. « L’hiver sera celui des Pop Up gastro, repas de Chefs pour 25 personnes avec un menu éphémère, à réserver sur le site. ». Côté bar, il aime ramener le métier du bar à la gastronomie, en sortant l’art du cocktail du syndrome de l’adjonction de jus et alcools pour l’amener à la recherche de l’Umami, la 5ème saveur, le goût de l’inconnu, grâce à des sirops épicés faits maison, des jus de fruits ou légumes extraits à froid, et toutes inventions sorties de son imagination pour coller à l’esprit French Riviera années 50. A tester à partir de septembre, sur le rooftop du Tuba Club. Vivement boire la tasse !
2 Bd Alexandre Delabre, 13008 Marseille, Les Goudes. Tel : 0491251316
Tuba-club.com


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