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05/18
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Mai 2018

Chelsea College of Arts. PLUMEVOYAGE @plumevoyagemagazine © CELC - Confédération Européenne du Lin et du Chanvre - Photographe James McCauley

Londres, en mode nature

Textes par Cécile Sepulchre

Le coeur de Londres bat au rythme de la nature, depuis l’inauguration de l’exposition ‘Fashioned from Nature’ au musée Victoria & Albert (V&A). Le musée a levé le voile sur sa grande exposition de l’année lors d’un très glamour vernissage réunissant notamment Chantal Thomas, Stella Mc Cartney et Marie Emmanuelle Belzung – la secrétaire générale de la Confédération européenne du lin, premiere sponsor de l’exposition- qui orchestrait parallèlement l’opération I love Linen dans les rues de Londres.

  • Cette grande exposition réuni quelques 300 créations issus des merveilleuses archives du V&A, illustrant quatre siècles de relations parfois tortueuses entre la nature et ce qui est parfois décrit comme un monde d’artifices.

    Une occasion de découvrir, l’ancienneté de ces liens, puisque l’on remarque des 1600 des broderies naturalistes et un usage massif du lin, de la soie et du coton à partir du 17e siècle.

    Le simple coton était alors un matériau de luxe et le lin figurait déjà parmi les incontournables des élégantes.
    L’exposition regorge bien sûr de motifs et de broderies florales et végétaux, qui ont de tout temps inspiré couturiers et élégantes (Christian Dior, Dries Van Noten..) créant parfois des courants profonds, telle la période naturaliste. Certains rendent hommage à la nature par des motifs animaliers plus osés : gracieux chapeau en plume de Philippe Treacy, robe Gilles Deacon à motifs oeufs d’oiseau, pelerine en plume de coq, et tenues à motifs léopard de Jean Paul Gaultier.. Les accessoires créent aussi la surprise, tels ce sac scarabée de Gucci, ou un sac plus ancien à motifs macaques datant de 1780. Parmi les objets étonnants figurent des boucles d’oreilles réalisées avec deux petits passereaux empaillés ainsi qu’une robe en mousseline des années 1860 parée de coléoptères vert irisés. Chapeaux et éventails ultra vaporeux en plume jouent la même partition…

  • Le 20 siècle, voit l’avènement des matières synthétiques et du prêt à porter. Avec, en corollaire, l’émergence d’une nouvelle conscience de la nécessité de protéger les espèces animales.

    Le regard sur la fourrure, l’ivoire, les os de baleine, change, augurant d’un changement profond des mentalités.

    Les liens avec la nature vont ainsi peu à peu passer de la simple imitation à une démarche plus évoluée et l’exposition reflète cette profonde mutation du rapport à la nature, observée ces dernières années. L’une des plus ardentes apôtre de la cause écologique, Stella McCartney affiche son refus d’emprunter certains matériaux comme le cuir, préférant les matériaux alternatifs, démarche que l’on retrouve chez Christopher Raeburn. L’exposition met en lumière les dernières recherches visant à réduire l’impact de la mode sur l’environnement, avec parfois des résultats surprenants comme cette robe en racines de l’artiste Diana Scherer, cette autre robe en soie génétiquement réalisée luminescente créée par Sputnikoou ou encore une tunique et un pantalon tissés dans une soie d’araignée synthétique Stella McCartney. La modernité revêt ainsi des habits non moins étonnants, que ceux qui ont embelli les siècles passés.

    Ces éclats poétiques ne doivent pas masquer certains chiffres saisissants révélateurs d’aspect plus rudes : la production mondiale de vêtements a doublé entre 2000 et 2014, période pendant laquelle le temps de conservation des habits a été divisé par deux. Ce sont ainsi 8,4 millions de tonnes de textiles qui sont jetés ou incinérés chaque année, soit 18 kilogrammes par an et par personne, rien qu’en Europe … Preuve s’il en est que cette exposition devrait aussi remplir une urgente mission pédagogique.

  • En marge de cet évènement, la Confédération européenne du lin a orchestré plusieurs coups d’éclat en offrant aux Londoniens un véritable champs de lin installé pour deux semaines dans la cour d’honneur du Chelsea College od Arts, université partenaire de l’opération « I love Linen ».

    Par ailleurs, plus de 300 boutiques européennes se sont associées à une mise en avant du lin dans leurs vitrines ou dans des corners.

    Parmi elles, figurent John Lewis, Peter Jones, Vivienne Westwood et Jigsaw et pour la France Max Mara, Uniqlo et AMPM. La vitrine « I love Linen » de Peter Johns sur Sloane Square, est particulièrement spectaculaire avec ses mises en scène de grandes bottes de lin. Une occasion d’enseigner au public les bénéfices environnementaux de cette fibre vertueuse dont la fleur ne dure pas plus que la vie d’un papillon. « Nous souhaitons ainsi expliquer au consommateur les qualités de traçabilités, de durabilité et de respect de l’environnement de cette fibre » commente Marie-Emmanuelle Belzung.
    On le sait peu, mais le lin est une spécialité française. Si 80% de la production mondiale est européenne, la France en assure à elle seule à 65%, et qui plus est de la meilleure qualité. Mieux informés que nous, les Japonais font parfois le voyage en juin, juste pour admirer l’éphémère floraison des champs de lin, dans la région de Caen. Une autre idée de visite printanière…

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