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Mai 2011

Quatre films de New-York à Paris

David Blot

Chaque numéro, le journaliste David Blot parlera de ses films et musiques cultes. Pour ce numéro, quatre références cinématographiques. Culture et décalage.

Une certaine rencontre de Robert Mulligan (1963) Nous sommes à New York pour cette petite merveille, peu connue malgré son casting de stars (Steve McQueen et Nathalie Wood, waouwh et double waouwh) et son pedigree technique prestigieux (Robert Mulligan à la réalisation et Alan J.Pakula à la production). Nathalie Wood est enceinte après une aventure d’une nuit avec un parfait inconnu (Love with the Perfect Stanger, titre en VO), Steve McQueen. Elle doit avorter, mais comment faire quand cela est encore interdit, dangereux et terriblement glauque ? Le film virevolte constamment entre drame et comédie, romance et réalisme, avec un super beau noir et blanc sobre mais pas sombre, dur et tendre à la fois – et quasi documentaire pour son regard sur New York et ses jeunes adultes, des années 1960 pas encore hippies. Steve McQueen un peu gauche, un peu trop pitre, est moins juste que Nathalie Wood, impressionnante. Mais ensemble, ils forment un couple intouchable.

D’homme à homme de Giulio Petroni (1967) Nous sommes dans l’Ouest américain, ou plutôt non, nous sommes en Espagne, dans la région d’Almeria. Là où fut tourné l’essentiel des westerns spaghetti dans les années 1960. Cette région désertique et rocailleuse ressemble fort à l’Arizona. Le genre va revenir très fort à la mode avec Tarentino. Il vient d’annoncer que son prochain film, intitulé Django Unchained, sera un remake – certes très lointain – d’un classique, le Django de Sergio Corbucci (1966). D’homme à homme (ou plutôt en VO Da Uomo a Uomo) peut constituer une très bonne introduction au genre. Il fonctionne un peu comme un best of avec tous les ingrédients épicés usuels : gros plans appuyés, morts par douzaine, vengeance, obsession, viol, torture, trognes pas possibles, dialogue minimal, héros monolithique, méchant pervers à souhait, Lee Van Cleef en tête d’affiche. Et une bande son signée Ennio Morricone. Tarentino en a tiré au moins trois pompages-hommages directs dans Kill Bill dont cette réplique parfaite : « Revenge is a dish best served cold… The way you’re going you’ll end up with indigestion« . Copieur !

Jazz on a Summer’s Day de Aram Avakian et Bert Stern (1959) Nous sommes à Newport dans le Rhode Island, côte Est des USA, à la fin des années 1950. A glisser en tête de liste des meilleurs films musicaux. Un reportage sans voix off ni interview au festival de jazz de Newport. Caméra serrée de jour comme de nuit devant un public d’une mixité quasi parfaite et d’une beauté stupéfiante, façon Don et Betty Drapper dans Mad Men, de beatniks pré-Jean Seberg, de blacks intellos, de jeunes rockers, de vieux routiers des cabarets et de jeunes enfants ébahis. Soit un sentiment de bien être absolu. Et puis, pour la musique, rien moins que Thelonious Monk, Anita O’Day, Dinah Washington, Gerry Mulligan, Big Maybelle, Chuck Berry, Louis Armstrong, et j’en passe. Une performance démentielle du Chico Hamilton Quintet, quasi minimale 2000 ou totalement abstract quelque chose, le talent en plus. C’est juste parfait. Direct en tête de liste des concerts auquel vous regretterez toute votre vie de ne pas assisté. OK, vous n’étiez même pas né, mais ce n’est pas une excuse !

Le livre noir d’Anthony Mann (1949) Nous sommes à Paris au XVIIIe siècle… mais vu par Hollywood. La Révolution française magnifiée en film noir, c’est la force et la curiosité de cet opus du vétéran Anthony Mann. Sous la bénédiction introductive du marquis de Lafayette, la Révolution nous est racontée depuis la mort de Danton jusqu’à celle de Robespierre. D’une mise en scène somptueusement claustrophobe, le film est de tous les genres – thriller, horreur, espionnage, cape et épée, aventure, suspens et même bondage, tout – … sauf historique. La Révolution française devient une gigantesque course poursuite autour d’un livre noir pouvant causer la chute de Robespierre. Si la vision politique est assez sommaire, le film prend néanmoins parti. A une paysanne regrettant l’époque du « Bon Louis » (comprendre Louis XVI), l’héroïne répond fiévreusement qu’il faut croire à la République et ne plus jamais reculer malgré ce règne de la Terreur (Reign of Terror, le titre en VO). Suivez dans les recoins de Paris le terrible et visqueux Fouché, l’incorruptible psychorigide Robespierre, le collabo (dans le film mais la réalité est tout autre !) Saint-Just, et notre héros, l’intrépide Barras. Et l’aventure de démarrer. Somptueux !


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