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Mai 2012

Le liège sur son 31

Le liège sur son 31

Marie Le Fort

Le liège. Que dire de lui ? Qu’il est léger et étanche ; qu’il flotte et ne brûle pas. Pas de trace, de rayure, de coups : le liège encaisse tous les chocs. En un mot, il est imperturbable.

Si l’usage du liège remonte à la nuit des temps (les pêcheurs portugais en faisaient de petites boîtes étanches qu’ils emmenaient à bord), voilà que l’arbre millénaire fait son comeback sur la scène design depuis quelques années. Utilisé dès 2007 par le chef de file du design minimal, l’anglais Jasper Morrison, il s’imposa, avec force et fonctionnalité, à travers une chaises et série de tabourets mono-matières chez Vitra Edition. La mode du liège était lancée. Depuis, le matériau inusable a retrouvé ses lettres de noblesse. Escarpins Louboutin, plateformes Rupert Sanderson, gobelets isolants, tatamis ou chaises longues, le liège s’invite dans tous les univers créatifs. Comme quoi, il y a une autre vie après celle de bouchon !

Récupéré par les écolos pour ses propriétés naturelles, il faut rappeler qu’au départ, c’est pour se protéger du feu que le chêne a développé une parade : une écorce ininflammable qui permet à l’arbre de survivre à un incendie. Depuis, on ne cesse de lui découvrir de nouvelles propriétés, comme son élasticité. Moussue, sa structure extrêmement fine est composée de quarante millions de bulles au centimètre cube – invisibles à l’œil nu – qui lui permettent de résister à la compression et de revenir irrémédiablement à sa forme originelle. Un trait de caractère qui a inspiré le designer français Martin Szekely. Exposée à la Galerie kreo il y a quelques saisons, sa collection simple boxes – composée d’un bureau et de son caisson, de modules de rangement et d’une table basse – mettait en lumière « la légèreté et la douceur au toucher du liège, sa capacité à absorber les chocs physiques et phoniques. Dans le cas de ces « boîtes », le liège joue le rôle d’une couche protectrice qui, met à l’abri le contenu du dehors », explique le designer.

Pour le suisse Tomas Kral, le fonctionnel rejoint le ludique. Détourné sous forme de Clown Nose, le liège vient fermer une carafe – un clin d’œil aux millions de bouteilles scellées à l’aide du précieux matériau – comme un nez de clown au milieu de la figure ! Travaillé en structure, il vient former le pied d’une lampe, le plateau d’une table ou un récipient strié pour la collection Plug, éditée par la jeune maison d’édition madrilène PCM. Même principe utilisé par Guillaume Delvigne chez Specimen Editions avec Deneb, un ensemble hybride « vase-plateau-vide poche ».

Dans cette rencontre bicolore, et bi-matière, le liège illustre un principe propre aux matériaux bruts. « Matériau aussi élastique que mat et texturé, le liège, brille dans l’art de faire briller les autres, porcelaine et métaux précieux. Hôte zélé et discret, il fait régner une harmonie asiatique des matières, couleurs et finitions », explique la décoratrice Marie-Christine Dorner dans un communiqué intitulé « Le Liège sur son 31 ». Le liège, condensé d’intemporalité.

 


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