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Mai 2020

Le confinement selon Valéria Sanchez/ Atelier Cos @Plume Voyage Magazine © Valéria Sanchez
 

Par Sandra Serpero

Le confinement selon Valéria Sanchez, architecte d’Atelier Cos

Valéria Sanchez a quitté son Argentine natale après des études d’architecte pour s’envoler vers Paris où elle décroche à la Sorbonne et à l’école de Chaillot un diplôme d’urbanisme et d’architecture du patrimoine. En 2003, elle intègre les bureaux d’Atelier Cos fondés par Didier Beautemps et devient son binôme quelques années plus tard. Ce tandem talentueux compte parmi ses réalisations les plus prestigieuses, la Maison Cheval Blanc à Courchevel, propriété de Monsieur Arnault, le chantier de rénovation du Ritz Paris ainsi que la création d’un hôtel 5 étoiles, Maison Albar Hôtels Le Vendôme, lové entre les murs d’un ancien immeuble de bureaux qui a vu le jour en février dernier, rue du Helder à Paris. Parmi les projets en cours, le duo a été sollicité pour redonner tout son éclat à un autre joyau du patrimoine français : l’hôtel du Palais à Biarritz. La fin des travaux, prévue en juin 2020, dévoilera le tout nouveau visage de ce sublime monument Second Empire : façades rénovées, métamorphose totale des 45 chambres et 11 suites, réaménagement des espaces privilégiant les vues sur la mer et les jardins re-dessinés. On aimerait déjà y être! Profitant au mieux de ces jours confinés, Valéria Sanchez nous confie son nouveau quotidien dans son bel appartement parisien. Entretien.



1 – Selfie dans mon appartement

Voici une photo de notre terrasse et jardin. Les plantes de magnolia et d’hortensia à gauche, ma fille Marie-Jeanne au fond, notre hamac (superbe pour faire la sieste avec plein des coussins) et la table ronde en bois qui est l’extension naturelle de notre cuisine quand il fait beau…. donc là maintenant ! J’ai pris cette photo car notre terrasse-jardin est un bijou dont nous apprécions davantage la valeur dans ce moment de confinement à Paris.


2 – Quels sont vos rendez-vous quotidiens depuis le confinement qui vous font du bien ?

Tôt le matin un peu de yoga avec mon prof online, ensuite un café dans mon petit jardin profitant de l’air frais du matin et des magnolias en fleur. J’adore ce moment de la journée quand la maison est encore calme car le reste de la troupe dort encore ! Aussi j’aime les petits déjeuners avec ma fille qui durent beaucoup plus longtemps qu’avant. On discute, parfois on danse comme des folles dans la cuisine … Stromae, Tina Turner, Celia Cruz, David Bowie… Yes, nous partageons de goûts musicaux assez éclectiques. Enfin, cela me fait beaucoup de bien de retrouver le calme et le silence qui me sont si chers pour travailler dans mes projets. Je bouillonne d’idées, cela me fait tellement plaisir !


3 – Un livre que vous n’avez pas lâché ?

Je commencerai par celui que j’ai lâché et caché au fin fond de la bibliothèque : « La Peste » de Camus. Je l’ai lu il y a deux mois ; superbe, cru, intelligent. Néanmoins, j’avais l’impression en le lisant que nous étions si loin, que cela était de la pure fiction ou qu’au moins il s’agissait d’un temps révolu. Et nous voilà en plein dedans. Chaque fois que j’entends aux infos des chiffres des victimes ou des nouvelles dispositions adoptées par le gouvernement je ne peux pas m’empêcher de replonger dans l’histoire du livre et de chercher dans mon imagination le Dr Rieux. Comme je suis un peu superstitieuse, je me suis promis de ne plus le toucher ! En revanche, je relis quelques chapitres du livre « Créer ou mourir » d’Andrés Oppenheimer, journaliste argentin, sur l’importance de l’innovation et de la créativité… C’est une belle bouffée d’oxygène et d’optimisme. Et bien évidement, ma bible : Jorge Luis Borges.


4 – Votre dernier repas au restaurant : c’était quand, où et qu’avez-vous dégusté ?

Olalala ! difficile de m’en souvenir. Je pense que cela dû être la veille du confinement, dans un restaurant près du bureau dans le 9ème « Les Gouttes de Dieu ». J’ai dû prendre quelque chose dans le menu du jour… tout y est bon ! Certainement avec un petit verre de blanc et à la fin un espresso sans dessert (je vole souvent quelques cuillères à Didier).


5 – Dans quel hôtel rêveriez-vous d’être là, maintenant ?

 

Arakur Ushuaïa Resort (dans la réserve naturelle Cerro Alarkén). Tout d’abord parce qu’ il est situé au bout du monde et parallèlement près de mon deuxième chez moi, Buenos Aires. Aussi parce que cet hôtel a quelque chose du film Shining : il est éloigné de tout, je trouve cela plus mystérieux qu’effrayant. Et enfin, j’ai envie d’aller me promener dans les forêts d’hêtres et tourbières des alentours.


6- Que faites-vous depuis le confinement que vous ne faisiez pas avant ?

Cuisiner !!! Je suis une piètre cuisinière. Pour vous donner un ordre d’idée, cela m’est arrivé il y a quelques années de méconnaitre l’utilité du papier sulfurisé à tel point que je l’ai fièrement posé au-dessus des gâteaux (Picard) plutôt qu’en dessous. Contente de mon initiative culinaire, je traverse le salon avec… j’ai fait rire tout le monde ! Depuis ce jour, j’ai fait des progrès et aujourd’hui le confinement me donne le temps de pouvoir préparer quelques petits plats, pas trop compliqués. Aussi j’ai tenté faire du pain et de la marmelade : résultat mitigé mais l’ intention était là !


7 – La série ou le film que vous conseillez ?

J’ai dévoré la deuxième saison d’ »Une amie prodigieuse ». Je la conseille. Sinon d’autres séries comme the Young pope, Patrick Melrose, Mad men, Six Feet Under ….
Coté films, « Roma » d’Alfonso Cuaron. Superbe film qui est aussi intéressant que son making of. Il m’a plongé dans mon enfance avec un peu de nostalgie, un délice.


8 – Quelle est la première chose que vous ferez quand le confinement prendra fin ?

Etonnamment rien ne me manque pour le moment… mais peut être une manucure pro !


9 – Un voeu ? 

Un réveil en douceur et réfléchi après le confinement. Les traces du Covid seront certainement très dures ; surtout du point de vue économique. Je pense notamment aux pays du tiers monde et aux personnes les plus défavorisées. La détresse extrême et les évènements extraordinaires comme celui que nous vivons actuellement peuvent conduire au meilleure (adaptation, réflexion, évolution) comme au pire (extrêmes, violence, révolution). J’espère que nous prendrons le chemin de l’évolution.

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