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Février 2018

Centre Buchinger Wilhelmi. PLUMEVOYAGE @plumevoyagemagazine © Simon Wegener

Dans les secrets du temple du jeûne… J’ai jeûné à Buchinger Wilhelmi

Texte par Cécile Sepulchre Images : Simon Wegener

Alors que la yoga-mania atteint des sommets, le jeûne devient la nouvelle expérience dans l’air du temps. Le must étant de le pratiquer dans le centre Buchinger Wilhelmi, le temple mondial du jeûne. Découverte…

Lorsque les régimes sont mis au pilori, que faire des kilos de l’hiver ? Une nouvelle voie commence à émerger discrètement… mais radicalement. Le jeûne, au delà de ses bienfaits ancestraux, ne serait-il pas la meilleure solution alternative pour se débarrasser rapidement des kilos superflus ? Car paradoxalement il serait plus facile de jeûner que de faire un régime, d’après les médecins experts des centres Buchinger Wilhelmi, qui planchent sur la question depuis les années 1930. Dans ce centre de haut vol situé sur les rives du lac de Constance en Allemagne, à Überlingen, entre dix jours et trois semaines suffiraient à effacer entre 3 et 10 kilos.

  • L’adresse est déjà bien connue des happy few si l’on en croit leurs signatures griffonnées dans le livre d’or.

    Philippe Starck, Bianca Jagger, Joddie Foster, Agnes Varda, Elsa Perreti, Muriel Robin etc, et de nombreuses stars du Cac 40 figurent parmi sa clientèle.

    Une aile a même été rajoutée récemment, pour offrir à la clientèle la plus hype un accès discret vers des suites et des appartements luxueux, sobrement décorés : salles de bains en marbre, appartements hauts de gamme dans des tons gris, rehaussés de bois naturel et de meubles design. Certains disposent de salles à manger et de vastes salons privés du niveau des hôtels 5 étoiles. Les chambres de base, avec leurs petits lits simples, se rapprochent davantage de la clinique de luxe.

    Mais la sublime vue du lac de Constance et la palette de soins du centre sont aussi accessibles aux gens « normaux » venus du monde entier et bien sûr d’Allemagne (la cure est parfois remboursée en partie par la sécurité sociale allemande). Jeûner une fois par an s’inscrit dans l’hygiène de vie allemande. D’ailleurs de nombreux patients viennent ici tous les ans, pour maintenir, voir diminuer leur poids. Le record fut remporté par une cliente qui séjourna une année entière dans le centre pour se délester d’une obésité sévère.

  • L’histoire de Buchinger n’a pourtant pas débuté autour du régime.

    Son fondateur, le Dr Otto Buchinger a tenté de venir à bout de graves inflammations articulaires à la suite d’une fièvre rhumatismale en jeûnant pendant 19 jours.

    Récompensé par une guérison complète, il mit dès lors toute son énergie dans l’étude des effets du jeûne, suivi par trois générations de membres de sa famille et de médecins. A l’heure où la quatrième génération s’installe aux commandes des centres de Überlingen et Marbella , l’équipe tire un bilan très encourageant de ses longues années de recherches. Arthrose, maladies rhumatismales et inflammatoires, diabète de type 2, sclérose en plaque , épilepsie et autres maladies neurologiques… la liste des maux que pourrait soulager cette pratique est longue et de récentes recherches ouvriraient aussi la piste du traitement du cancer.

    « L’alimentation permanente en sucre et en protéines animales met les cellules en hyper-activité ce qui finit par les user. Comme un moteur qui serait sans cesse poussé au maximum. Notre organisme est davantage équipé pour résister au manque, qu’à l’abondance » explique la très charismatique Françoise Wilhelmi de Toledo médecin nutritionniste et directrice scientifique. Elle remarque aussi que les cancers augmentent dans les pays industrialisés. Une observation qu’il serait intéressant d’approfondir, en tenant compte des différences de taux de mortalité.

  • Une étude réalisée récemment auprès de 2000 personnes par le centre, devrait bientôt confirmer ce qu’ont observé les médecins sur le plan clinique depuis une soixantaine d’années.

    Le jeûne permettrait en effet de faire une sorte de « reset » du corps et du cerveau, en remettant à l’heure les pendules.

    Il offrirait ainsi un terrain favorable pour prendre à bras le corps certains problèmes existentiels ou émotionnels, par exemple en provoquant des rêves qui peuvent être révélateurs. « Une équipe de psychothérapeutes est à la disposition des clients du centre » précise Raimund Wilhelmi, directeur du centre pendant de longues années, lui même psychothérapeute. Les plus mystiques, affirment enfin accéder à un état de conscience élargie confortant certaines pratiques religieuses. « Les yeux sont pour le monde extérieur ce que le jeûne est pour le monde intérieur », disait Gandhi.

  • Pour ceux qui ne cherchent qu’une perte de poids, c’est aussi une expérience étonnante.

    Le corps, lorsqu’il enregistre qu’il n’a plus rien à espérer de l’extérieur, voit son taux de sucre et d’insuline baisser ce qui l’oblige à mobiliser ses dépôts de graisse dont une partie se transforme en corps cétoniques.

    Le métabolisme se met alors en cétose et la sensation de faim disparait. « C’est ainsi que les animaux se mettent en hibernation, ou que les oiseaux migrateurs puisent dans leurs réserves pour effectuer leur migration, un processus qui prolongerait la vie animale. Jeûner est une aptitude physiologique ancestrale, indispensable à la survie humaine et animale » affirme Françoise Wilhelmi de Toledo. Un homme de poids normal peut théoriquement jeûner 40 jours un chiffre correspondant d’ailleurs à de nombreux jeûnes bibliques (Jésus, Moïse..). Mais la durée recommandée pour un jeûne est de 5 à 15 jours, un jeûne long apportant davantage de bénéfices à long terme.

  • Reste la crainte du fameux effet rebond ou d’une accoutumance du corps à la privation.

    « Il n’y a aucun fondement pour dire que l’on maigrit moins lors d’un second jeûne. Les régimes multiples dérèglent les comportements alors qu’un jeûne bien encadré et bien vécu les régule au contraire et peut améliorer le comportement alimentaire.

    Mais nos observations ne concernent que nos propres méthodes. Je ne peux rien affirmer pour ce qui est des jeûnes sans surveillance médicale, ne respectant pas les périodes transitoires » nuance Françoise Wilhelmi de Toledo. Les statistiques dans leur clientèle font état d’un tiers en perte de poids maintenu, un tiers se stabilisant à un poids inférieur, un tiers en reprise de poids, en général quelques mois plus tard. Sans être une panacée, cela parait nettement mieux que les régimes classiques.

    La dernière inquiétude des jeûneurs néophytes concerne la fonte musculaire. Mais là encore, celle ci ne serait pas avérée, si on fait du sport. Au contraire, le jeune permettrait de régénérer les structure protéique et d’obtenir de meilleurs performances musculaires. Bref, le jeune présenterait de multiples aspects bénéfiques… Ne reste dès lors qu’à se lancer !

  • LE JOURNAL DU JEÛNE

    Jour 1

    Le voyage a commencé par une succession d’actes manqués… Billets perdus, réservations mal prises…. Mais que vais-je faire dans cette galère un lendemain de réveillon ? Une vraie appréhension m’a saisie à l’approche du départ. Saurais-je surmonter le puissant instinct de manger et ne me satisfaire que de tisanes ? La sensation de faim est devenue inconnue en Occident et l’idée de ne pas supporter cette expérience s’ajoute à la crainte de mourir d’ennui dans ce lieu inconnu. Et puis, tous ces efforts ne risquent-ils pas de s’avérer vains, en raison de l’effet rebond ?

    Après une longue errance ferroviaire, via Bâle (alors qu’une jonction par Zurich était plus simple) impossible d’échapper à mon destin : me voici à Überlingen face aux portes vitrées du célèbre centre Buchinger Wilhelmi. Accueil chaleureux et installation dans l’une des 150 chambres dispersées entre différents bâtiments. Le décor, d’une sobriété de bon aloi, est rehaussé par la vue somptueuse mais impossible de s’attarder. On me convie à assister à la réunion de bienvenue

    Les participants, attendent sagement, une tisane à la main. Déjà. Certains sont en léger surpoids, sans plus. Eve, l’animatrice raconte l’histoire du fondateur, et décrit le fonctionnement du centre, ainsi que ses règles.

    Elle annonce les réjouissances. Lorsque le vrai jeûne débutera, dans 36 h, il faudra se contenter d’un thé et d’une cuillère de miel le matin, car paradoxalement, le sucre, à petite dose favoriserait la combustion des graisse. Ensuite, eau et tisanes à volonté, jus de fruits à midi et potage le soir, soit 250 à 300 calories par jour. « Peut on avoir une soupe à midi » tente de marchander une quinquagénaire aux traits tordus par l’inquiétude. « A la rigueur, mais dans ce cas, ce sera en remplacement du jus de fruit.. » répond Eve, implacable. Un frisson angoissé parcours l’assemblée… Eve poursuit. « Les jeûneurs devenant très sensibles aux odeurs, nous vous demandons d’éviter les parfums ». « Pas d’eau de toilette non plus ? » tente encore la quinqua têtue. « Non plus » rétorque l’intraitable Eve, tandis qu’un fou rire nerveux gagne l’assemblée.

    Ceux qui appréhendaient de jeûner sans transition se détendent malgré tout en arrivant au restaurant. Le premier soir un dîner est prévu, light mais savoureux. Pas de dessert, pas de vin, mais l’entrée et le plat sont suffisants. Les heureux admis sont regroupés dans une salle de restaurant, séparés des jeûneurs pour ne pas les perturber. Coup d’oeil inquiet vers l’autre salle, dont les tables ne comportent que des petits bols. On s’y retrouve en after pour un concert et une dernière tisane, avant de rejoindre sagement les chambres.

    A 21h, le calme le plus plat règne sur Buchinger Wilhelmi ..

  • Jour 2

    C’est une journée d’adaptation avec des repas mono diète sur mesure à base de riz, de pomme de terre ou d’avoine. On descend à 1200 ou 800 calories.

    Paradoxalement il y aurait une quinzaine de personnes en cuisine, affairés à trouver des panachages de calories et de vitamines conformes à chaque stade de la diète.

    Prises de sang, visite médicale, et mise en place du planning thérapeutique sur mesure ponctuent cette journée. Le forfait séjour pour dix jours (environ 3000 euros) comporte plusieurs soins inclus, les autres étant à la carte. Epaule, dos et cheville à débloquer. J’ai du pain sur la planche…

    Partout, on croise des infirmières souriantes, figures maternantes qui vont contribuer au lâcher prise. Une visite du centre permet de découvrir les espaces de gymnastique, la salle de musculation. La vue sur le lac de Constance , avec les Alpes en arrière fond, est grandiose. « La plus belle », assure Léonard Wilhelmi, héritier descendant des fondateurs qui a pris les rênes des lieux.

    Dernier dîner à peu près normal dans la salle de restaurant, séparée des jeûneurs. Chacun déguste son dîner light mais savoureux, avec une certaine mélancolie

  • Jour 3

    Ce matin, après une prise de sang, les nouveaux arrivants sont sommés de rester dans leur chambre. Je vais découvrir la botte secrète du jeûne.

    Pour éviter la torture de la faim, les intestins doivent être nettoyés. Un drôle de truc hérité du moyen âge, que les Indiens pratiquent couramment. Il est vrai que chez eux, les microbes se chargent spontanément de la besogne. Ici il faut avaler une solution laxative qui vous cloue dans la chambre. Misère… A midi, un autre rituel se met en place. L’infirmière place une bouillotte sur mon foie et m’emmaillote comme un bébé. D’ailleurs je dois aussi faire la sieste. Une douce torpeur m’envahit. La chaleur, conduite par une compresse humide, contribue à mettre le foie en mode détox parait-il. Journée mélancolique de repli at home avec un verre du jus de fruit pour seule nourriture terrestre.

    Le soir, un cocktail de bienvenue est annoncé. Je me rêve un instant une coupe ce champagne à la main, piochant dans les petits canapés. Comment peut-on organiser un cocktail pour des gens à jeûn ? Surprise, nous avons droit à un jus de fruit, le second de la journée. En fait c’est plus une conférence, pendant laquelle le directeur du centre précise certains points et répond aux questions.

    Ensuite, chacun prend religieusement sa soupe, dans un tout petit bol… Pas de concert, ce soir. A 8h30, c’est le couvre feu. En Allemagne, on se couche tôt, et quand on jeûne, on se couche très très tôt. Plus que 7 jours à tenir. D’angoisse, je suce la moitié d’un petit bonbon, qui trainait dans une poche.

  • Jour 4

    Moins 2,5 kilos sur la balance. Happy. Une autre jeûneuse plus mince, Anna, a moins perdu.

    Mais son époux, Pierre, tout fanfaron, s’affiche avec déjà moins 4 kilos. Encore une injustice à mettre sur le compte de l’inégalité homme femme. « C’est normal, m’explique patiemment l’infirmière, les hommes perdent deux fois plus car ils ont une plus grande masse musculaire ». Pour clore mes récriminations, elle m’inflige un lavement. Je ne souffre d’aucun effet que certains rencontrent, tels que maux de têtes, insomnie ou peau sèche. En revanche j’ai retrouvé une énergie démentielle. Après avoir rangé et lavé tout ce qui pouvait l’être dans ma chambre, j’enchaine frénétiquement les séances de gym et termine épuisée dans les bras d’une masseuse qui m’allonge sur un des pains de boue, tout chauds et tout sales, destinés à réparer un dos coincé. Je repars en lévitation. Les Alpes semblent posées sur la brume vaporeuse, qui nappe le lac de Constance.

    A 18h30 tapante, ruée générale vers la soupe… qui est décidément beaucoup trop claire. Nous avons le choix entre deux soupes. Évidemment, c’est l’autre, celle que je n’ai pas choisi, qui est la plus épaisse. De retour dans ma chambre, je suce la seconde moitié de mon bonbon, avec une sensation de culpabilité délicieuse.

  • Jour 5

    Je tombe de mon lit spontanément à 6h30 du matin avec le sourire, déterminée à partir faire du sport. Une première dans mon existence. Mais que m’arrive t il ? Vite la pesée du jour…

    Catastrophe. J’ai a peine perdu 200 grammes. Après tous ces efforts, me voici dépitée. Serait-ce le demi bonbon qui m’aurait trahie ? Compatissante, l’infirmière m’explique que si la question du poids est aussi importante pour moi, je devrais peut être ne me peser qu’un jour sur deux. Je repars m’agiter entre la salle de gym et la piscine.. Énergie folle.. Une randonnée ensuite est proposée, comme tous le jours, le long du lac. La randonnée est en effet un élément important pour l’équilibre du jeûneur. La promenade du jour passe par une très jolie église baroque des environs. C’est fou le temps dont on dispose lorsque l’on n’a plus à se préoccuper trois fois par jours, ni des courses, ni de la cuisine, ni des repas ni des rangements. Ce temps libéré fait partie du luxe de l’instant.

    Après le « déjeuner », excursion vers les somptueuses chutes du Rhin, puis promenade à Überlingen. Retour dans la vraie vie où l’on ripaille en toute inconscience. Humer le fumet de frites et de grosses saucisses rissolantes est une torture. Retour grognon pour prendre une dernière tisane. Je ne les supporte plus. Ultime frustration, la soupe du soir est plus claire que jamais et la conférence prévue ne m’intéresse pas du tout. Hâte d’en finir.

  • Jour 6

    Bonheur, j’ai perdu 900 grammes. Presque moins 4 kilos en 6 jours. « C’est ainsi décrète l’infirmière. Parfois il n’y a rien et le lendemain une grosse perte de poids, cela dépend des variations d’eau ».

    Second lavement… la sensation de faim s’estompe totalement. Ne reste que l’envie de croquer. Un peu de vélo en salle, face au lac dont les couleurs prennent une teinte rosée surréaliste. Rendez vous avec le médecin. Mes examens ont détecté une infection qu’il soigne immédiatement. Car oui, nous sommes dans une clinique…

    J’enchaine sur la coach en nutrition. Charmante. Peu de sucre, les bonnes graisses, beaucoup de légumes, des petites portions de protéines .. énumère-t-elle. Ce doit être un dur métier que de devoir répéter à des clients sur-informés, les mêmes précepts sans saveur. Si je suis très sage pendant les six semaines suivantes, promet-elle je conserverai le bénéfice du séjour et je pourrais même perdre encore du poids.. « Le jeûne est un point de départ. Certains vont continuer à maigrir, d’autres vont se stabiliser, et d’autres enfin vont retomber dans leurs mauvaises habitudes. Dans ce dernier cas nous offrons des cours de cuisine pour leur inculquer de bonnes habitudes » explique le docteur Bäumler.

    En ce dimanche tout est plus calme, je reste sagement dans le centre, sans frustration. Mes neurones frétillent et je travaille de façon beaucoup plus concentrée. Je regrette presque de voir l’expérience s’interrompre le lendemain. Poursuivre encore 10 jours m’aurait sans doute permis d’effacer 9 kg d’un trait. Malgré tout, on doit savoir rompre un jeûne et vivre consciemment la reprise alimentaire progressive» explique Françoise Wilhelmi de Toledo. Rompre un jeûne… Cette expression renforce l’aspect définitif de la démarche.

    Dans le bar à soupe ce soir, l’ambiance est de plus en plus chaleureuse. Un concert ponctue la soirée qui se prolonge jusqu’à 21h. Folie totale…

  • Jour 7

    A nouveau, je dégringole du lit à 6h30 en pleine forme et assoiffée. Boire, boire… . Je vais précipitamment vers l’infirmière pour la pesée du jour et là c’est la consternation.

    J’ai pris 100 grammes malgré une journée irréprochable. « Vous avez bu ? », interroge l’infirmière, suspicieuse. « Ne cherchez pas, c’est juste le poids de l’eau. Et puis vous allez encore brûler de la graisse aujourd’hui et demain, car même si le jeûne strict est interrompu, vous n’aurez que 400 à 800 calories ». Les profs de cours de gym ont repris du service. Énergie débordante. J’ enchaine trois cours sans faillir avant d’aller pédaler vigoureusement dans la salle de sport, face à la vue.. Aujourd’hui, le lac de Constance affiche des nuances de bleu ciel aquarelle.

  • Jour 8

    Je me rue vers l’infirmière avant de boire la moindre goutte d’eau. Moins 5 kg. Jamais je n’aurais rêvé obtenir un tel résultat en une semaine.

    « Sachez que vous allez reprendre au moins un kilo avant la fin du séjour , car vous aller réhydrater vos tissus et remplir votre tube digestif» tempère Léonard Wilhelmi directeur junior du centre. Comme tous les membres du centre, il pratique lui aussi régulièrement des jeûnes.

    A 11h30, c’est le grand moment. J’ai droit à une compote de pomme et à une amande, savourées religieusement. Deux heures plus tard, une vraie pomme arrive. A déguster lentement précise l’infirmière. Impression de redécouvrir le goût de la pomme. Étrange de deviner que mes intestins, endormis depuis 6 jours, se réveillent peu à peu. « N’importe quel sot peut jeûner mais seul un sage sait rompre son jeûne correctement » a décrété George Bernard Shaw, le dramaturge irlandais. Le système digestif va mettre quelques jours à retrouver toute ses fonctions. Il est important d’avoir une alimentation de qualité. A Buchinger Wilhelmi, les légumes sont souvent cueillis juste une heure avant le repas.

    Le soir, retour au monde normal dans le restaurant, avec des nappes, des couverts, des bougies. Tout cela pour une soupe, un peu plus épaisse. Nous repartons avec des diplômes de jeûneurs.

  • Jour 9

    Le premier petit déjeuner au restaurant se compose d’un vrai thé, de deux pruneaux trempés et d’un porridge. Les sensations de goût sont décuplées et je peine à terminer mon délicieux porridge.

    Direction le physiothérapeute, Mr Wiedenbach, qui masse longuement ma cheville endolorie et me prodigue des conseils pour la suite. Ensuite ce sera un massage du ventre, une technique que l’on trouve rarement, et qui est un sujet sensible en ces lieux. « Le ventre, notamment par les intestins, est relié à toutes les parties du corps. Il emmagasine le stress et on peut stimuler beaucoup d’effets positifs par des pressions sur des points précis » explique Mrs Wolff, issue de l’école de Chiang Mai en Thaïlande. Si le massage lui même n’a rien d’apaisant, il permet une grande relaxation dans les heures qui suivent.

    Depuis la salle de musculation, je contemple la vue. Ce matin le soleil illumine le lac qui renvoie un grande tâche de lumière scintillante dont les reflets se prolongent jusqu’à la crête des Alpes.

  • Jour 10

    C’est le dernier jour, et la brume a envahi le centre. Comme prévu, la balance est hélas repartie à la hausse d’un kilo, sans réussir à effacer une sentiment de légèreté.

    Une sensation délicieuse, qui s’accompagne du plaisir de renouer avec de bons repas au restaurant. A 1200 calories végétariennes, je goûte les plaisirs de la gourmandise vertueuse. Il se murmure dans le centre que les massages shiatsu pratiqués par Mrs Brauch-Hähnel sont remarquables. De fait, cette jeune allemande est une artiste. Elle me décoince une épaule. Le dr Bäumler fait un ultime point. Les dernières analyses sont bonnes et mes diverses petites douleurs se sont envolées. Un cours de yoga, et un cours d’alimentation vertueuse complètent cette journée sans faute. La dernière…

    Le soir, au restaurant, les compagnons de jeûne en partance se quittent avec émotion.

  • Jour 11

    Réveil en douceur et préparatifs de départ. Le lac, ce matin est d’un gris pale immatériel, zébré de traits de pinceau plus sombres.

    Au delà des flots doucement scintillants, une ligne mince de nuages s’étire sur laquelle semble flotter la cime éclatante des Alpes. Je me pose de longues minutes pour contempler cette merveille. Face à tant de beauté, les autres plaisirs semblent dérisoires. Le sentiment de plénitude s’accompagne de la douce sensation de m’être un peu régénérée. Les bonnes résolutions, cette année, ne seront sans doute pas un vain mot.

  • J + 15

    Le retour dans la vraie vie s’est déroulé sans heurt. L’appétit étant bien douché, il ne fut guère difficile de maintenir une ligne raisonnable, le temps de stabiliser le résultat.

    Me voici revenue à un parcours alimentaire plus guidé par la faim et la satiété, que par la gourmandise. « Il faut arriver à faire la différence entre la faim et l’appétit » expliquait Leonard Wilhelmi, le directeur junior du centre d’Uberlingen. s’il vous arrive de faire un excès, il suffit d’observer un petit jeûne séquentiel de 14-16h pour retrouver la belle faim et revenir à la juste mesure.

    Mieux, il eut été aisé de poursuivre avec un régime et de perdre encore un peu de poids. Mais avec un parcours semé de galettes des rois, cela s’est avéré difficile. Malgré tout, 15 jours après, nous en sommes toujours à moins 4 à 5 kg, et un certain nombre de mauvaises habitudes n’ont pas été reprises. C’est décidé. Des jeunes réguliers feront désormais partie de mon nouvel équilibre. De ma nouvelle liberté….

    Informations et réservations : https://www.buchinger-wilhelmi.com/fr

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