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08 Novembre 2016

Richard Avedon. une halte novembre 2016 PLUMEVOYAGE @plumevoyagemagazine Photographie J H Lartigue © Ministère de la Culture - France / AAJHL

AVEDON FOR EVER

Texte Françoise Spiekermeier Photos par Richard Avedon © The Richard Avedon Foundation

La BnF présente jusqu’au 26 février 2017 « La France D’AVEDON, Vieux monde, New Look », exposition exceptionnelle de tirages vintage réalisés par Richard Avedon, de planches contact annotées par le célèbre photographe de mode américain. L’ensemble dévoile sa relation particulière avec la France qui n’a cessé de nourrir son travail et de renouveler son inspiration tout au long de sa vie. Les documents prêtés en grande partie par la Richard Avedon Fondation à New York sont, pour certains, exposés pour la toute première fois.

  • Les débuts de Richard Avedon

    Le défilé Christian Dior de 1947 immédiatement baptisé « New Look » par la rédactrice en chef du Harper’s Bazaar, est l’acte fondateur du renouveau d’un pays, la France, inventant un nouveau style sur les décombres de la Seconde Guerre Mondiale et des avant-gardes de l’entre deux–guerre. Au premier rang du défilé, aux cotés de Carmel Snow la rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, un jeune photographe découvre pour la première fois la mode en France : Richard Avedon. Engagé un an plus tôt par Alexey Brodovitch son professeur à la New School for Social Research à New York et directeur artistique de la revue, Avedon est déjà le photographe phare de la revue où ses clichés de mode renouvellent le genre. Il rompt avec la tradition du studio en faisant poser ses mannequins dans les rues de Paris.

  • Un reflet de lui-même

    Ses images de mode parlent de spontanéité, de mouvement, de vitalité. Les portraits de célébrités qu’il réalise dégagent aussi une fraîcheur et une spontanéité inédite, le photographe aimant des séances fulgurantes où le modèle n’a pas le temps de s’ennuyer. Avedon, d’ailleurs, ne prétend pas réaliser des portraits plus « vrais ». En effet, dit-il, « il n’y a pas de vérité en photographie. Et il n’y a pas une seule vérité chez quelqu’un. Mes portraits sont davantage un reflet de moi-même que des personnages que je photographie. » Cette analyse personnelle est, de fait, une vérité universelle sur la photographie de portrait.

  • Une pratique originale de la photographie

    Au fil de l’exposition de la BnF, dans la salle des « Portraits Français », l’on découvre une galerie de personnalités ayant marqué la vie culturelle et artistique française des années 50 à 70 : Coco Chanel, Picasso, Catherine Deneuve, Truman Capote, mais aussi un portrait de Evelyn Avedon, femme de Richard Avedon, qu’il a photographiée à l’hôtel San Régis à Paris en 1955 : un très joli portrait, rare, dévoilant une facette privée de la vie du photographe. L’exposition est d’ailleurs qualifiée de « biographique » tant la personnalité du photographe y est exposée comme jamais auparavant. Mais aussi sa pratique originale de la photographie, transmédia avant l’heure, passant du papier à la pellicule 35mm technicolor…

  • Ses célèbres portraits au photomaton

    L’entrée en matière est cinématographique : la première salle de l’exposition, intitulée « Funny Face » est un travelling autour d’une cabine Photomaton Mutoscope de la fin des années 50 placée au centre de la pièce : le même modèle que celui utilisé par Avedon pour ses célèbres portraits au photomaton. En contrepoint aux formats panoramiques des reproductions du film tapissant les murs, une petite merveille de 4 cm sur 2 : un minuscule portrait photomaton avec Audrey Hepburn entourée de Mel Ferrer et Truman Capote.

  • Une fusion entre la photographie de mode et la comédie musicale

    Le film « Funny Face » avec Fred Astaire et Audrey Hepburn tourné à Paris en 1956, s’inspire de la carrière du photographe. Engagé par le réalisateur Stanley Donen comme « consultant visuel », Avedon va réussir une fusion entre la photographie de mode et la comédie musicale hollywodienne en renouvelant le genre. Il applique les astuces de son métier au grand écran. Le moment, la scène, capturée par l’appareil photo d’Avedon est filmée par Stanley Donen, pour être ensuite intégrée au flux cinématographique. La scénographie rend parfaitement compte de cette prouesse technique inventée par Avedon à l’aide de miroirs mais dont le dispositif exact reste encore mystérieux !!

  • Le renouvellement de son inspiration et de sa pratique

    La salle la plus inattendue au fil de l’exposition, représente pourtant une période importante dans le fil de la carrière du photographe : il s’agit de trois années pendant lesquelles Avedon va se plonger au coeur du travail d’un autre photographe qui va opérer en lui un profond renouvellement de son inspiration et de sa pratique, le menant à briser les chaines le reliant à la presse magazine qui commençait à l’étouffer. Aussi étrange que cela puisse paraître, Avedon qui avait pour ambition de devenir le plus grand photographe du XX ème siècle, était aussi un homme humble. Du moins est-ce avec humilité qu’il aborde le travail de Jacques-Henri Lartigue découvert en 1963 lors de la première exposition que lui consacre le Moma à New York. Il voit dans ce que l’on présente comme un « photographe amateur de génie », le témoin nostalgique de la Belle Epoque mais aussi de l’époque qu’il continue de photographier avec un style éblouissant.

  • L’œuvre de Lartigue

    Après une première rencontre en 1966, Avedon, véritable « découvreur » de Lartigue, envisage de montrer l’œuvre de Lartigue comme une œuvre totale à travers un livre inspiré de son journal : Diary of a Century. Conçu et mis en image par Avedon, le livre est le cœur de l’exposition à la BnF. On y découvre une troublante filiation stylistique entre Lartigue et le portraitiste américain. Si pendant ces trois années, Avedon ne réalise aucun cliché de Lartigue, il demande à Lartigue de le photographier et lui propose de réaliser son portrait en mouvement, sautant, en référence à une image culte, Bichonnade prise par Lartigue en 1905 (une femme en jupons sautant au-dessus d’un escalier), comme si son rêve de reconnaissance était cette inscription physique dans l’œuvre de Lartigue. Pour réaliser le livre, explique la co-commissaire de l’exposition, Marianne Le Galliard, Avedon demande à Lartigue de fournir des tirages originaux. Les seuls tirages disponibles, Lartigue les détache de son journal pour les envoyer à Avedon qui exigeait les tirages vintage qu’il envoyait ensuite à l’imprimeur situé en Suisse avec des recommandations écrites pour optimiser leur reproduction. Tout a été fait et financé par Avedon.

    Après la formidable aventure du livre biographique de Lartigue, Avedon réalise son livre « In the American West », un travail très personnel, une forme de libération : Avedon part sur les routes documenter l’Ouest Américain à travers des portraits de travailleurs réalisés à la chambre sur fond blanc, une feuille de papier scotchée sur des portes de garage.

  • Les portraits de la revue Egoïste

    Dernière salle de l’exposition, celle consacrée à la période de la revue Egoïste fondée par Nicole Wisniak à Paris à la fin des années 70: dans la galerie de portraits publiés en grand format et totale liberté créative dans cette prestigieuse revue, l’on découvre une petite suite de trois portraits d’Isabelle Adjani réalisés à Deauville : une série très « cinématographique » qui achève de démontrer l’hybridité du travail d’Avedon passant du cinéma, aux magazines, au livre et à l’art contemporain en cassant les distinctions entre l’art et ce qui est supposé ne pas en être.

    www.bnf.fr

    Catalogue de l’exposition : « LE PARIS D’AVEDON, VIEUX MONDE NEWLOOK », 800 pages, BnF éditions, 59 €
    Exposition du 18 octobre 2016 au 26 février 2017. BnF François Mitterrand Galerie 2
    Commissariat Robert M. Rubin et Marianne Le Galliard
    Avec le soutien de la Terra Foundation for American Art et de la Fondation Louis Roederer, Grand Mécène de la Culture.


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