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29 juillet 2016

Château des Avenières. Une Halte juillet 2016 PLUMEVOYAGE @plumevoyagemagazine © DR

Le destin rock & roll du château des Avenières

Cécile Sepulchre

Il fallait l’association insolite d’un astronome hindou et d’une américaine excentrique pour donner au château des Avenières son exquise note de folie. Avant de devenir un repère très secret de la jet-set et des stars de la musique, ce palais au bois dormant, perché dans les hauteurs d’Annecy, a connu une histoire rocambolesque. En 1907, une riche héritière, Mary Wallace Shilitto craque pour le sublime panorama du massif du Salève, entre Genève et Annecy et décide d’y édifier un château au cœur des jardins à la française.
Avec son amie, l’écrivaine Marcelle Senard, elle court le monde pour dénicher des objets rares et des tentures avant de tomber dans les bras d’un indo-mauricien Assan Dina, 43 ans, brillant astronome, ingénieur en hydroélectricité passionné d’astronomie et d’ésotérisme. Devenu citoyen savoyard, son mari hindou introduit notamment l’électricité  et imagine de dessiner une étonnante chapelle à la mosaïque dorée où se mêlent zodiaque, kabbale et tarots égyptiens… A la mort de son époux, l’enthousiasme de Mary Shilitto pour son projet s’éteint peu à peu et elle finit par vendre la propriété en 1936. Dés lors la propriété passe de main en main et accueille plusieurs institutions scolaires. Les Ursulines polonaises y hébergent des enfants jusqu’en 39, non sans avoir préalablement dissimulé les sulfureuses mosaïques de la chapelle sous des plaques de bois. Puis ce sera la Croix rouge pendant la guerre. En 1950 le très chic collège de Juilly s’y installe pour une vingtaine d’années. Parmi ses élèves figurent les premiers noms célèbres : Claude Brasseur, Philippe Noiret ou encore Jean-Jacques Debout et … le bandit Jacques Mesrine ! L’heure n’est pas encore au glamour. Abandonné, la demeure aborde les années 90 dans la misère et se laisse envahir par la végétation. Seuls la fréquentent les fantômes du passé, dit-on alors avec méfiance dans la région. On y croise plus sûrement des pilleurs et les enfants du voisinage, qui en font leur terrain de jeu. L’un de ces enfants deviendra le sauveur de ce château endormi. Nicolas Odin, le fils d’un villageois voisin, parvient à convaincre sa famille d’investir dans la propriété en 1994. Il retrousse ses manches, et restaure inlassablement le château des Avenières, le faisant peu à peu passer de simple auberge à un classement Relais & Châteaux en 2014. Au fil d’intenses années, le domaine gagne en indépendance et en raffinement. Son épouse Laurence se lance dans la décoration de façon artisanale pour aboutir à des suites, toutes différentes, d’un baroque parfois surprenant, telle cette suite « retour des Indes », toute en tentures vives, cette chambre africaine, ou ce salon de musique et ses tapisseries anciennes. Les amateurs de légèreté préféreront les voilages immaculés de la suite Louisiane. Une extension plus contemporaine, « la maison des écureuil » , est également crée en contrebas, offrant un confort supérieur et une vue exceptionnelle. Décidé à rendre le domaine le plus autonome possible, Nicolas Odin, créer également un potager bio, une menuiserie. Et poursuit sa montée en gamme. En attendant le lancement d’un spa, il est possible de faire du yoga face à la vallée et de profiter d’une salle de sport. Ou de s’envoler pour une promenade en hélicoptère au dessus des montagnes et des lacs voisins. Le restaurant est par ailleurs désormais en mesure de revendiquer sa premiere étoile, entre sa carte gastronomique et ses menus detox chic. Proche des grands chefs de la région, notamment Yoann Conte, Nicolas Otin organise aussi des jumelages informels avec les bonnes tables voisines. En attendant que les étoiles viennent consacrer l’établissement, acteurs et musiciens s’y bousculent déjà, à la faveur de tournages, d’enregistrements ou de séjours privés : Catherine Frot, Sophia Loren, Shania Twain, André Dussolier, Géraldine Chaplin, Rufus, Paco Rabannes, Juan Ripolles, Jean Marc Barr, Laurent Gerra, Paul Personne, Gilberto Gil, Indochine… Etonnant pour un lieu aussi discret. Les musiciens affectionnent particulièrement la discrétion atypique de la demeure et ce jeune châtelain un peu rock & roll qui n’hésite pas à bousculer les meubles pour eux, tout en leur garantissant la tranquillité. Nicolas Odin conserve un souvenir ému de l’arrivée de Phil Collins. « On l’attendait, pour un enregistrement de plusieurs semaines. Phil Collins est entré dans le hall de l’hôtel, et sans en mot, il est allé directement s’assoir au piano de la réception et a commencé à jouer. Je me tenais sans bouger dans un coin. Un moment extraordinaire ». C’est avec de tels instants que se construisent les lieux de légendes.
www.chateau-des-avenieres.com

Parc du Château des Avenières. Une Halte juillet 2016 PLUMEVOYAGE @plumevoyagemagazine © DR

suites du Château des Avenières. Une Halte juillet 2016 PLUMEVOYAGE @plumevoyagemagazine © DR
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