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03 Avril 2015

Vallée de la Hunza, Pakistan © Eric Bonnem

SEULS AU MONDE
LE LONG DE LA KKH

Par notre invité, Eric Bonnem

Deuxième volet de notre sujet sur l’agence Secret Planet et ses périples extraordinaires.
Nous vous avions présenté, la semaine dernière « Le Monde d’Eric Bonnem », le fondateur de cette agence de voyages pas comme les autres. Cette semaine, il nous fait découvrir le Pakistan, le long de la KKH, Karakoram Highway, une route mythique qui serpente les montagnes et qui rejoint le Pakistan d’Islamabad à Kashgar en Chine, en passant par le col de Khunjerab. Impressions, émotions, souvenirs… Une autre façon de voyager, à travers les récits de ce passionné qui nous fait rêver de grands espaces et toucher le bout du monde.

 
 

« Mai 2014. Atterrissage à Islamabad. Il tombe une pluie fine et le plafond est bas. Ishaq m’accueille à l’aéroport et nous prenons directement la route pour le nord du pays, vers la vallée de la Hunza. Cela fait plusieurs années que je rêve d’aller au Pakistan, après avoir raté le Niger des années 2000 et le Yémen des années 90. Ce pays me fascine et comme souvent, je veux m’assurer que la réalité locale de ce bout du monde est bien différente de celle dépeinte par les médias, télévisés en particulier. »
  • Pakistan, un des derniers bastions de nature sauvage

    « Annoncez à n’importe qui que vous partez marcher au Pakistan et vous lisez dans les yeux de votre interlocuteur l’incompréhension la plus totale. Pourtant, loin de l’agitation fébrile des villes au sud ou inquiétantes de la frontière afghane – Peshawar en particulier – le nord Pakistan est l’un des derniers bastions de nature sauvage et brutalement spectaculaire. Au nord-ouest : la chaîne de l’Indukush et le corridor de Wakhan entre Tadjikistan et Afghanistan. A l’est : la chaîne du Karakoram, confins occidentaux de l’Himalaya. Pas moins de cinq sommets de 8 000 mètres d’altitude avec le Nanga Parbat à coté duquel je vais passer, le K2 (second plus haut sommet au monde à 8 611 mètres), Gasherbrum I et II et Broad Peak, des pics de 7 000 mètres d’altitude dont, certains encore vierges. »

  • Karakoram Highway, une route mythique

    « Un univers de haute montagne préservée et de vallées perdues où vivent encore des peuples retirés du monde moderne et loin des luttes fratricides. Nous empruntons la Karakoram Highway (KKH), route mythique qui relie sur 1 200 kilomètres le Pakistan d’Islamabad à Kashgar en Chine en passant par le col de Khunjerab à 4 700 mètres d’altitude, dominée par des sommets de 6 000 et 7 000 mètres. Nous slalomons entre éboulis de plusieurs tonnes qui jonchent la route. Ici, la montagne est jeune et vivante. Les sommets sont acérés et souvent très techniques à gravir. »

  • Une région accueillante et souriante

    « Nous passons Abbottabad (ndlr : c’est là que Ben Laden vivait jusqu’en 2011) et dormons à Chilas dans une petite auberge. Nous passons des villages où seuls les hommes sont visibles, les femmes sont absentes. Les vitres teintées du véhicule sont fermées dans cette région du Diamir. Aucun intérêt à se faire remarquer… Nous passons des check-points réguliers, plusieurs par jour, au cours desquels nos papiers sont vérifiés. Parfois un militaire monte avec une kalachnikov à l’arrière du véhicule pour se faire déposer au prochain check point. Aucune agressivité, je trouve cela plutôt folklorique et les militaires sont assez sympathiques et curieux. Nos papiers sont en règle, nous avons tous les permis. Puis nous passons Gilgit et arrivons enfin dans la vallée de la Hunza, à Karimabad. Ce village montagnard eut son heure de gloire internationale – tous les vrais grimpeurs du monde s’y donnant rendez-vous – mais ce balcon sur la vallée de la Hunza et le splendide Rakaposhi (qui culmine 7 800 mètres) est désormais désert. Petit trek vers 4 600 mètres jusqu’à une mine d’aigue-marines d’où sortent parfois des gemmes grosses comme le point. »

  • Une montagne aride et sauvage

    « L’ambiance est désormais détendue, nous entrons dans une région d’Ismaéliens, pratiquant un islam tolérant. Les femmes sont de nouveau visibles, leur visage est découvert, elles vont à l’école financée par l’Aga Khan, leur maître spirituel. Une région accueillante et souriante de montagnards et de bergères. Un havre de nature et de paix. »

  • Retour sur la Karakoram Highway

    « Nous continuons de remonter la vallée par la KKH. En prenons plein les yeux à chaque virage et passons, grâce à un petit bac instable, le lac d’altitude d’Attabad, apparu en… 2010 lors d’un gigantesque glissement de terrain. Je vous confirme que la montagne est vivante ici ! Vingt kilomètres de traversée plus loin, nous rencontrons des chercheurs d’or qui s’apparentent à des gitans musulmans… »

  • La vallée de Shimshal

    « Ils nous vendent quelques grammes patiemment arrachés à la rivière, que j’achète bien trop chers ! Puis nous bifurquons vers la droite dans la vallée de Shimshal. Il faut une journée de 4×4 pour atteindre ce village dont la vallée porte le nom, au bout du monde par une route avec des à-pics vertigineux. J’ai décidé de faire le trek vers le col de Shimshal à 4 800 mètres au moment de la transhumance (le « Kutch »). »

  • De splendides pâturages

    « Mes porteurs ne sont pas rassurés car certains passages sont très étroits pour une seule personne. Si on se retrouve face à un troupeau de yacks ou même de chèvres, nous ne ferons pas le poids et serons précipités de quelques centaines de mètres. Nous hâtons le pas et faisons l’aller-retour au col en un peu plus de trois jours quand il est donné en cinq sur les guides topographiques. Une belle immersion dans une montagne aride et sauvage. Là-haut, dans le royaume de la panthère des neiges, à 4 600 mètres d’altitude, où vont paître les animaux tout l’été sous bonne garde dans de splendides pâturages. Un sommet de plus de 6 000 mètres me tend les bras mais je n’ai pas le temps. Je reviendrai. »

  • Encore une autre aventure !

    « À notre retour, nous saluons nos amis Shimshalis qui comptent parmi les meilleurs guides et porteurs d’altitude au monde et reprenons la vallée étroite avec notre véhicule. Retour sur la KKH que nous prenons à droite vers la frontière chinoise. J’embrasse mes amis pakistanais. Durant ce court périple d’une douzaine de jours, je n’ai rencontré que trois occidentaux, un couple de français à Gilgit et un Australien avec une barbe extraordinaire au passage de la frontière chinoise. Après-demain, je serai à Kashgar dans le Xinjiang chinois pour retrouver des participants à notre grande caravane sur la route de la Soie de Xi’an à Istanbul. Encore une autre aventure ! »

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