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05 août 2016

Domaine du Muy oeuvre de YAYOI KUSAMA NARCISSUS GARDEN. une halte au Domaine du Muy aout 2016 PLUMEVOYAGE @plumevoyagemagazine © Françoise SPIEKERMEIER

LE DOMAINE DU MUY

Texte et photographies par Françoise Spiekermeier

Parc de Sculptures Contemporaines
Invitation à une rencontre intime avec les plus belles œuvres d’art contemporain du monde.

C’est au Muy, dans l’arrière-pays de Saint-Tropez ou de Saint-Raphaël, à une heure de route de Grasse. C’est un sentier caillouteux qui serpente dans la colline. Il invite à plonger au cœur de la nature sauvage de Provence, sêche, aride, couverte d’essences végétales odoriférantes, pour y rencontrer, en tête-à-tête, l’une après l’autre, des œuvres d’art, parmi les plus importantes de notre époque.

  • Un des plus beaux parcs de sculptures contemporaines

    L’affection particulière que le galeriste parisien Jean-Gabriel Mitterrand porte à l’œuvre de Niki de Saint-Phalle dont il est l’un des plus ardents admirateurs, n’est sans doute pas étrangère à la création de l’un des plus beaux parcs de sculptures contemporaines en France dont le charme attire des collectionneurs du monde entier depuis son ouverture, en juillet 2015. On ne peut en effet s’empêcher, en musardant sur le sentier de terre qui serpente entre les collines du domaine, de penser au jardin des Tarots en Toscane, où la sculptrice et peintre Niki de Saint-Phalle concrétisa un de ses rêves de jeunesse, elle-même inspirée par Gaudi et le Facteur Cheval : « représenter la beauté de l’homme (…) sans aucun intermédiaire, sans musée, sans galerie »… A sa façon, Jean-Gabriel Mitterrand réalise une part de ce rêve, en rassemblant au creux de la nature intacte des artistes qu’il aime, c’est-à-dire un ensemble d’œuvres qui balisent, telles des phares, l’univers de l’art contemporain, pour donner à voir, à découvrir, la beauté d’œuvres intellectuelles dans leur nudité.

  • Un voyage où le corps est votre seul véhicule

    Les talons hauts sont à proscrire. Une paire de sandales ou d’espadrilles fera l’affaire. Et aussi un chapeau à larges bords, des lunettes de soleil, une bouteille d’eau minérale, indispensable pour ne pas se déshydrater. On se dit que la visite ne dure qu’une heure… que la boucle sera vite bouclée. Mais non. Cela ne se passe pas comme ça. Il faut se préparer. On n’est pas ici dans l’air conditionné d’une galerie ou d’un musée. Si la villa qui trône à l’entrée du domaine, avec ses larges baies vitrées et sa terrasse est une demeure accueillante, un refuge salvateur, l’expérience qui se présente à vous est une véritable odyssée, un voyage où le corps est votre seul véhicule. C’est un peu un corps à corps auquel il faut s’attendre en confrontation avec la nature et les œuvres posées sur le parcours, judicieusement semées comme des cailloux blancs. « Ce que l’on a cherché, raconte Jean-Gabriel Mitterrand, c’est cette confrontation entre les œuvres de l’esprit et la nature elle-même. Certaines œuvres sont intellectuellement parfois très poussées comme Sol Lewitt, grand artiste minimaliste, ou Carlos Cruz-Diez, grand artiste cinétique, ou Francisco Sobrino ; d’autres sont plus romanesques comme Wang Du, Claude Lalanne ou François-Xavier Lalanne. D’autres sont des œuvres urbaines qui peuvent parfaitement retrouver l’architecture comme celle de Keith Haring. On cherche à provoquer l’émotion de la découverte : les œuvres sont rencontrées sur le chemin, on n’est pas préparé à les voir. Cet effet de surprise est très important. Ainsi chaque oeuvre interroge le visiteur dans le pouvoir qu’elle renferme, en accompagnement de la nature ou en opposition avec la nature, chacun respectant l’autre, mais en opposition ».

  • Un cadre où la nature est très forte

    La nature a son mot à dire en matière d’art. Il faut l’admettre et cela s’impose ici comme une évidence. Non seulement le sens de l’œuvre elle-même se dévoile, mais en plus, la nature révèle la profondeur de la perception individuelle face à l’œuvre. Elle clarifie le cœur, ouvre les sens. Restaure la confiance. « Les collectionneurs les découvrent dans un cadre où ils ne les ont jamais vues. Dans un cadre nouveau pour eux, un cadre où la nature est très forte, où l’on a travaillé sur la manière d’introduire les œuvres dans la nature au lieu de faire comme on fait la plupart du temps, plier la nature à la perspective des œuvres. Là, on a fait le contraire. On va presque demander à la nature de bien vouloir accepter les œuvres qu’on lui propose» s’exclame Jean-Gabriel Mitterrand.
    Les pièces sont choisies par porosité, au hasard des foires, des rencontres, des expositions diverses où se rendent également Edward, le fils de Jean-Gabriel Mitterrand, directeur artistique du Domaine, accompagné par Simon Lamunière, commissaire d’exposition depuis cette saison 2016. C’est ainsi qu’une pièce de Dan Colen, un artiste américain qui s’approprie les codes de la Street Culture et du Pop Art, remarqué sur une exposition, a rejoint le Domaine du Muy, prêtée par la galerie Gagossian, dans le cadre de relations établies avec des artistes non représentés par la galerie JGM à Paris. « Une manière pour nous de collaborer avec de grandes galeries internationales et d’ouvrir des portes à de nouveaux artistes » précise-t-il. Sur le ruban du parcours, une quarantaine d’œuvres : les une pérennes, les autres de passage, les une uniques, les autres construites sur place par l’artiste ( comme 128 squares and their demonstration, mur de parpaings et peinture réalisée in situ en 2015 par Claudia Comte, artiste Suisse travaillant à Berlin). L’ouverture est de mise. Impossible n’est pas Français.

  • Découvrez des oeuvres uniques

    Cette édition 2016, comme un excellent millésime, assemble ainsi une dizaine de nouvelles pièces intégrées au parcours, parmi lesquelles la pièce unique de Dan Graham (Sculpture ou Pavillon ? 2015), Image Retouchée de l’artiste Chinois Wang Du (un éléphant qui soulève une voiture, autre pièce unique réalisée en 2015), les Ilôts, trois sièges en acier et aluminium de l’architecte français Claude Parent, père de la théorie de la Fonction Oblique qui établit un nouveau rapport au sol fondé sur l’instabilité et le déséquilibre, ou Peter Regli, artiste Suisse installé à New York, reconnu pour ses installation de Land Art avec une sculpture de nounours en marbre noir et blanc, autre pièce unique(intitulée RH 324_10 Teddy Sculpture wBase, 2014). Sans oublier l’œuvre de Tomas Saraseno, Cloud Cities/Air-Port-City 4 Modules Metal (2010_2011) œuvre monumentale unique créée par l’artiste argentin né en 1973 à Tucuman, qui « vit et travaille sur et au-delà de la planète Terre ».

  • Une démarche d’introduction de la sculpture

    Ainsi, d’une manière simple, évidente, le Domaine du Muy se pose-t-il en référent dans une démarche d’introduction de la sculpture dans la vie de la nature et de l’architecture.

    Domaine du Muy
    Dates d’ouverture 2016 : 16 juillet-16 octobre
    Visites possibles sur inscription les jeudis matins de 9hà11h et de 11h à 13h
    Réservation au 06 77 04 75 92
    L’accès au parc est impossible sans réservation préalable.
    http://www.domainedumuy.com


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