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Mars 2012

Olafur Eliasson


Soleil du Nord

Marie Le Fort

Artiste de lumière internationalement reconnu, Olafur Eliasson n’en finit plus d’illuminer le monde de l’art, du design et de l’architecture. D’exposition en installation, de commission en éblouissement, il signait, récemment, la façade extérieure du Harpa Reykjavik Concert Hall and Conference Centre en rendant hommage à sa terre natale. Un artiste qui file, en toute modestie, à la vitesse d’une comète…

 

Olafur Eliasson

« Face à la technologie et l’ère du digital, l’art est de plus en plus déconnecté de nos corps, de nos sens… et du monde. Olafur Eliasson refuse cette tendance et revient toujours, de manière viscérale, à une émotion à vivre au présent », explique Madeleine Grynsztejn, commissaire d’exposition au musée d’Art moderne de San Franscisco (SFMoMA).

Danois d’origine islandaise, Olafur Eliasson est, en bon Scandinave, embarrassé dès qu’il s’agit de succès et de célébrité : peu d’interviews, pas de mondanités, la règle est simple. Artiste de lumière accompli, il n’en reste pas moins incroyablement discret.

Révélé aux yeux du grand public avec The Weather Project (2003), il transforma le Turbine Hall de la Tate Modern à Londres en un univers futuriste légèrement brumeux, baigné des rayons d’un faux soleil orangé. Une installation monumentale qui illumina le quotidien de plus d’un million de visiteurs à l’aide de quelque 200 ampoules (identiques à celles utilisées pour l’éclairage public)… comme qui dirait, brillant. Pour autant, il refusa toute récupération commerciale de son travail, et s’opposa fermement à ce que l’on prolonge l’exposition, considérant qu’il serait alors en rupture avec ses intentions initiales.

Avec Olafur Eliasson, l’humilité semble la règle de conduite numéro un. La règle numéro deux, elle, pourrait se résumer à la mise en scène de phénomènes atmosphériques. Météo, rideaux de pluie et brumes éthérées se déclinent en une symbolique hors-temps qui lui colle à la peau comme une signature.

Pénétrer dans le « laboratoire » berlinois d’Olafur Eliasson, c’est prendre la mesure des projets en cours. Affairés, une quinzaine d’ingénieurs, architectes et techniciens façonnent maquettes et murs de miroirs prismatiques. Sur place, on ne compte plus les projets sur le point de naître ! Car après avoir imaginé le pavillon temporaire de la Serpentine Gallery pendant l’été 2007, le studio statufiait des chutes d’eaux sous les ponts de Manhattan en 2008 avant de créer une installation artistique permanente sur l’un des murs porteurs de l’Opéra d’Oslo.

Dernier projet en date, Olafur Eliasson signait fin 2011 la structure alvéolaire translucide du Harpa Reykjavik Concert Hall and Conference Centre. Faisant écho à la nature islandaise – à ses orgues volcaniques, au bleu des glaciers en hiver, aux paysages cristallins évoluant avec la lumière changeante -, la coquille de l’édifice a été conçue pour évoluer, telle une vibration lumineuse, en fonction de la météo, du reflet du soleil et des environs sur les parois. Une fois encore, les phénomènes atmosphériques sont là pour narrer l’œuvre d’Olafur Eliasson.

« Il faut perdre ses repères pour découvrir, avoir une expérience, comme lorsqu’on regarde un train traverser la montagne. Sentir avant de penser. Garder ses sens en éveil et son esprit critique »

« L’Islande et ses ombres changeantes m’ont appris que tout était incertain, qu’il fallait se battre pour définir ses frontières »

www.olafureliasson.net



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