08/17
fren
Partager
  • twitter share button

28 Février 2014

Le Monde d’Hervé Van der Straeten

Portrait de Hervé Van der Straeten et console WEDDING. Photos de Cecil Mathieu

Françoise Spiekermeier

Le designer-joaillier invente des pièces de mobilier de haute facture à l’esthétique ultra-moderne en séries limitées.

Hervé Van der Straeten est un passeur de formes qu’il transmute en véritables objets d’art.

Il fait partie de ces designers qui ont préféré l’artisanat à l’industrie, gardant ainsi maîtrise et indépendance. Hervé Van der Straeten s’est d’abord fait connaître par ses collections de bijoux. Accrochant ses créations baroques aux cou de ses amies mannequins, il s’est vu ouvrir, de fil en aiguille, les portes de la haute couture (Jean-Paul Gaultier, Yves Saint-Laurent, Christian Lacroix). Il a ensuite appliqué sa maîtrise du travail d’orfèvre à la création de mobilier, d’objets de décoration, de miroirs, pour ouvrir sa galerie en 1999 au cœur du Marais, 11 rue Ferdinand Duval dans le 4e arrondissement de Paris.

Les pièces de mobilier qu’il réalise sont reconnaissables entre toutes, posées ou plutôt postées entre rigueur et asymétrie, prêtes à chuter mais d’une stabilité et d’une solidité à toute épreuve, contradictoires, antagoniques, massives et légères à la fois, extravagantes et austères, lisses et martelées ou texturées, reluisantes ou sombres, leur présence s’impose. Elles montrent un nouveau rapport à l’espace, remettent en cause notre propre posture, la notion d’équilibre, interrogent la place de l’objet et de celui qui le regarde et ne peut en général l’appréhender dans sa totalité d’un seul et unique point de vue.
Rendez-vous dans sa galerie : ce grand espace élégant et blanc expose des modèles uniques et des séries limitées, de fortes personnalités qui s’affrontent comme sur un ring de boxe, prêtes à entrer en collision avec ce qui les entoure. Difficile parfois, de parvenir à concilier ces entités chargées de leur propre radiance.
Dans son travail de création, Hervé Van der Straeten privilégie l’esquisse, l’insouciance du trait, l’envie. Le choix de la matière et de la technique viennent ensuite servir l’idée. Ce qui fait de chaque nouvelle exposition l’occasion, pour lui, de découvrir de nouvelles techniques de marqueterie, de ferronnerie, de nouveaux matériaux- l’inox, le bronze, la laque, les bois précieux, le cristal, le corian, la fibre de carbone, le marbre, la feuille d’or, le Dacryl (verre acrylique dont la souplesse autorise plus d’inventivité) qu’il conjugue pour faire jaillir des pièces d’exception, à la fois ultra modernes, baroques, graphiques et luxueuses.
Cette démarche relève presque de l’insolence, tant son obsession de réaliser l’inattendu appelle la ruse pour concilier l’inconciliable, les tests sur les techniques, sur les matériaux et leurs intolérances, les expérimentations, des heures passées à essayer, malgré les cassures, les brisures et les déchirures, pour trouver l’ultime équilibre qui se joue des principes de la gravité.
Chef d’orchestre d’une vingtaine d’artisans extrêmement pointus et très précis maniant des technologies modernes et des techniques très traditionnelles, il combine le savoir-faire de chacun pour réaliser ses exigences les plus extrêmes, avec une minutie exceptionnelle.Dans son atelier situé à Bagnolet, qu’il compare aux coulisses d’un théatre, Hervé Van der Straeten use donc de stratagèmes invisibles, de techniques de renforcement qui ne laissent rien paraître de leur complexité, laissant à l’objet son aura de voltigeur.
Le succès venant, les expositions dans sa galerie parisienne cèdent un peu le pas à la préparation de pièces inédites pour de prestigieuse galeries qui le représentent comme Ralph Pucci à New York City et Los Angeles en 2006 – 2007 et l’inauguration de son nouvel espace à Miami en octobre 2013 pendant Art Basel Miami et Design Miami, dans un ancien entrepôt de près de 2000m2 en plein coeur de l’Art District. Les œuvres d’Hervé Van der Straeten y côtoient celles de Patrick Naggar, d’India Mahdavi, de Paul Mathieu et d’Eric Schmitt dialoguant avec les créations américaines de Ruben Toledo, Vladimir Kagan ou Jens Risom.
A Saint-Moritz, en Suisse, la Galerie KARSTEN GREVE consacre pour la quatrième année consécutive son exposition d’hiver au travail du designer français, visible depuis le 8 février et jusqu’au 19 avril. Ses pièces de mobiliers, miroirs et luminaires y dialoguent avec les oeuvres d’artistes contemporains de la galerie. Il y expose notamment le miroir Nébuleuse, en aluminium anodisé bleu électrique qui rappelle les formes libres de l’écriture automatique , une nouvelle version de la console Chaos dont l’assemblage de blocs en bois laqué prune et rouge illustrent son travail sur l’équilibre, des nouvelles déclinaison de luminaires iconiques comme les lampes à poser Pastilles en laiton doré et marbre blanc ou la lampe Volubile en bronze doré et patiné.
Eclectique dans ses collaborations, Hervé Van der Straeten place son savoir-faire au service de certaines grandes maisons de luxe réalisant par exemple des flacons – l’iconique J’adore de Dior – et des écrins à maquillage. « Il y a dans mon travail toute une partie précieuse, féminine, liée au bijou, parallèlement aux meubles qui sont très forts. C’est un mixe des deux que les sociétés de cosmétiques viennent chercher chez moi. J’ai conservé le goût de fabriquer des objets à la main. Pour le bâton de rouge à lèvre Kiss Kiss de Guerlain, chaque face est irrégulière et reproduit l’empreinte de mes doigts sur le métal. J’ai sculpté moi-même le prototype dans du bronze. Il a ensuite été dupliqué à la taille réelle, au centième de millimètre près. »
Hervé Van der Straeten compte, parmi ses principaux collectionneurs, des décorateurs internationaux ainsi que le Mobilier National -fournisseur officiel des meubles et objets décoratifs de l’Etat français depuis Louis XIV. Récompensé par de nombreux prix et distinctions, il a notamment reçu le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » du Ministère de la Culture en 2007, a été nommé Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2008. Il contribue, au sein du Comité Colbert, au rayonnement international de l’art de vivre français parmi 78 autres maisons de luxe françaises.
Galerie Karsten Greve Via Maistra 4
CH 7500 St Moritz
Tel : + 41 (0) 81 8 34 90 34
Galerie Ralph Pucci Gallery
 343 N.W. 25th Street
33127 Miami, Florida www.ralphpucci.net
Galerie Hervé Van der Straeten
11 rue Ferdinand Duval 75004 Paris.
Tel. 01 42 78 99 99

Armoire Partition, Hervé Van der Straeten, 2012, édition de 20, assemblage de 490 prismes de bois laqué bleu électrique, effet gomme photo : Cécil Mathieu / Courtesy Hervé Van der Straeten

MIROIR NEBULEUSE, édition de 60, aluminium anodisé bleu, bronze poli, miroir sorcière, photo: Cecil Mathieu Courtesy Hervé Van der Straeten

LAMPE PASTILLES, bronze et laiton patinés mordorés, marbre statutaire blanc, photo: Cecil Mathieu

Bracelet ROCKS AABC30, Hervé Van der Straeten, photo: Cecil Mathieu

Boucles d’oeilles ORIGAMI Hervé Van der Straeten, photo: Cecil Mathieu

Manchette ROCKS ,  Hervé Van der Straeten, photo: Cecil Mathieu

Rouge à lèvres KISS 523 EXCES DE ROUGE par Hervé Van der Straeten pour Guerlain  photo: DR Courtesy Guerlain

BOUT DE CANAPE INCLINATION, plateau en bois laqué orange brulée nuagé et piètement en bronze patiné mordoré , photo: Cecil Mathieu

LAMPE VOLUBILE MM, bronze patiné noir et poli doré, abat-jour papier blanc,  photo : Cecil Mathieu

 Console Chaos,édition de 20,bois laqué, nuance de prune et de rouge, Hervé Van der Straeten, photo: Cecil Mathieu

TABOURET CAPSULE en aluminium doré à la feuille, photo : Cécil Mathieu

Hervé Van der Straeten à sa table de travail dans son atelier de Bagnolet

Croquis au feutre des applications de bronze destinées à l’armoire « Particules » photo Françoise Spiekermeier

Le dessin est ensuite mis en volume à travers une maquette en papier. Photo Françoise Spiekermeier

HVDS vérifie la qualité et l’ajustement des panneaux d’Amboine et d’ébène qui constitueront l’armoire « Particules ». Cette pièce aura nécessité entre 1500 et 2000 heures de travail. Photo Françoise Spiekermeier

 

Polissage de la bande de bronze de l’armoire « Particules ». Photo Françoise Spiekermeier

le dessin réalisé par HVDS, mis en couleur à la gouache, et les bandes de bronze qui vont venir enserrer l’armoire « Particules », précieuse marqueterie en loupe d’amboine sur ébène, une des 25 créations de la cinquième collection de mobilier réalisée en 2008 pour sa galerie et intitulée « Distorsion ». Photo : Françoise Spiekermeier

Application de la bande de bronze sur le panneau de Loupe d’amboine. Photo Françoise Spiekermeier

COMMODE SEGMENTS, édition de 8  en bois laqué, bronze patiné. Photo : Cécil Mathieu

CONSOLE SPARKLING, édition de 8, plateau en bois laqué, verre irisé et marbre new Belge , photo : Cécil Mathieu

LAMPE ZIG ZAG en bronze patiné noir et doré. Photo : Cécil Mathieu

TABLE BUBBLE GUM, édition de 20, plateau en pierre Black Beauty, piètement en bronze patiné vison nuagé. Photo : Cécil Mathieu

 BUFFET BAGUETTES. Photo: Cecil Mathieu

Banquette jet lag, édition de 20, cuir gris taupe, bronze, laque prune nuagée sombre. Photo : Cécil Mathieu

Table Basse Structures, édition de 8, inox poli miroir et granit rouge Lucifer. Photo : Cécil Mathieu

 LAMPADAIRE BAGUETTES, Baguettes et socle en bronze patiné mordoré, poirier noirci verni brillant. Photo : Cécil Mathieu


  • Parutions Capsule de Plume

    Parutions Capsule de Plume

    Parutions Capsule de Plume pour le Parfum de Valise

  • Pour les annonceurs de Plume Voyage

    Pour les annonceurs de Plume Voyage

    Pour les annonceurs de Plume Voyage

  • Découvrez les News Parisiennes de Plume Voyage Magazine

    Découvrez les News Parisiennes de Plume Voyage Magazine

    Découvrez les News Parisiennes de Plume Voyage Magazine

  • Forbes

    Forbes
  • haut de page