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27 Novembre 2015

Nos hommages

Introduction par PLUME

Chez Plume Voyage, on a décidé de rendre hommage avec les mots de nos journalistes, nos photos et nos dessins.

Chez Plume Voyage, on va continuer mais il y a des mots que l’on ne veut pas prononcer, qui ne font pas partie de notre vocabulaire, qu’on laisse aux autres, ceux qui entachent, cassent, s’approprient et volent. Des voleurs de vie, des briseurs, des hommes en noir au cœur noir. Les pauvres.

Chez Plume Voyage, on va continuer de rendre hommage à vous qui êtes partis en voyageant et rapportant de bonnes vibrations, de bonnes énergies pour les partager. On va préfèrer utiliser les mots douceur, bienveillance, légèreté. On va continuer d’ouvrir grand les yeux, rapporter et raconter les beautés qui existent dans ce monde par respect pour vous. Et on va continuer de mettre en lumière Paris, notre ville, notre maison, notre coeur.

On est français, parisiens, on est des voyageurs et des citoyens du monde.
On pense à vous et à vos familles. On aime. On vous aime. On est avec vous.
« Quand on a que l’amour à s’offrir en partage… »

  • Paris je t’aime en toutes saisons !

    Janvier glissages sur la neige autour du lac du Bois de Boulogne, il n‘y a plus de barques on attendra quelques semaines pour canoter mais que ces cris d’enfants qui fusent dans tous les sens sont gais !

    Février Il fait froid mais les jours rallongent on le voit bien en sortant du Louvre à 17h, les touristes jouent les badauds en admirant la pyramide avant d’aller s’attabler au Café Marly.

    Mars Boulevard Saint Germain une exceptionnelle vague de beau temps fait oublier aux Parisiens les rigueurs de l’hiver : on se presse aux terrasses des emblématiques cafés de Flore et aux deux Magots en contemplant les efforts des premiers bourgeons…

    Avril On a envie d’être infidèle à notre ville chérie et de filer mais il commence à faire beau alors quoi de plus excitant en somme qu’une balade en bateau sur la Seine ou sur ses rives ou encore de danser le tango sur les quais non loin de la Grande Bibliothèque ?

    Mai Paris jubile c‘est une habitude en mai ! Les arbres croulent sous leurs feuilles, pas de muguet sur les trottoirs mais des arbres tout rose sur les berges de Seine à côté de Beaugrenelle ! Et, les roses explosent à Bagatelle dans le Bois de Boulogne

    Juin le meilleur des mois à Paris, tout le monde semble gai et oublie ses soucis, on est dans l’excitation des vacances et des derniers projets : boulot ou vacances… on sort dîner et on rit aux terrasses… Cela ressemble au bonheur !

    Juillet Un matin du 12 ou 13 juillet quoi de plus excitant que de contempler les avions qui passent au-dessus des Jardins du Palais Royal, se préparant à la parade du 14 juillet, dans le soleil du début d’une journée magnifique…

    Août Paris se vide c’est le début de l‘exode des Parisiens, une aubaine pour ceux qui restent pour se retrouver ensemble et jouer aux touristes, le moment d’arpenter les rues désertées du Marais, de musarder sous les arcades de la place des Vosges et dans la maison de Victor Hugo après avoir pris un verre à Ma Bourgogne…

    Septembre C’est la rentrée ! Les Parisiens se retrouvent comme si ils s’étaient quittés de longs mois, beaucoup d’excitation, les cahiers à acheter, on retrouve une âme de gosse en respirant l’odeur d’un livre de géographie tout neuf parce qu’on a plus trouvé le modèle d’occasion place Saint Michel chez Gibert Jeune !

    Octobre vite des bonnes résolutions : c‘est promis en cette rentrée on va voir toutes les expos du Grand Palais, flâner à Orsay, courir à Galliera, admirer un ballet à l’Opéra et écouter un concert à Bercy, donner son avis sur les pièces sérieuses qu’on aura vu sur les Grands Boulevards, il y a même du jogging dans l’air tous les matins aux Tuileries !

    Novembre. Un des grands moments de la vie des Parisiens : recevoir des amis d’ailleurs. Histoire de (re)découvrir sa ville et retourner en enfance en grimpant en haut de la Tour Eiffel, de l’Arc de Triomphe et en prenant un chocolat au café du Musée de l‘Homme au Trocadéro ou chez Angelina rue de Rivoli et pourquoi pas en traversant Paris en bus.


    Décembre bien sûr direction les grands magasins : Printemps, Galeries Lafayette et Bon Marché, il faut faire ses emplettes et monter aux enfants les fabuleuses vitrines animées… Les Père Noël ont peut être des jeans sous leur houppelande mais ce n’est pas grave tout le monde fait semblant d’y croire…

    Adine Fichot Marion

  • Ça c'est Paris

    C’est une rue pas vraiment belle. Sans charme même. Il y a un bar où je n’allais pas trop car l’accueil n’y étaient pas toujours très sympa. Et un resto cambodgien où j’ai voulu aller plusieurs fois mais qui était toujours bondé. Presque autant que son grand frère, un peu plus loin dans la rue, que, lui, je fréquente depuis des années. C’était déjà un rendez-vous des gourmands d’Asie avant que le quartier ne devienne « à la mode ». C’est dire ! J’y étais il y a quelques jours, avant…

    Dans cette rue sans intérêt, ont été abattus des hommes et des femmes parmi lesquelles j’aurais pu être. En y passant, ce matin, cette rue anonyme ne l’était plus. Des milliers de fleurs et de bougies masquaient les impacts de balles sur le trottoir. Faisant déjà disparaître le dérisoire passage des lâches à la kalach, déjà oubliés, éclipsés par la lumière des chandelles et masqués par le parfum des fleurs. Dans cette rue de Paname, j’ai retrouvé l’esprit parisien parmi les hommages du trottoir. Oui, ces parisiens mal léchés, toujours pressés et qui aiment s’imaginer parents éloignés de tous les Gavroche qui ont usés leurs galoches sur les pavés. Les parisiens, ces sales gosses qui traversent à 10 mètres d’un passage piéton, quand le feu est vert pour les voitures, le portable collé à l’oreille, la clope au bec et en pestant contre les crottes de chien… Il est comme ça, le parisien, il se fout un peu de tout et de tout le monde. Et même de ceux qui veulent l’empêcher de trainer en terrasse, même quand il pleut et qu’il fait froid car « on est si bien en terrasse » !

    Alors j’ai souri ce matin en voyant des bouteilles de vin parmi les fleurs, sur les flaques de sang séché. Du vin rouge, du blanc et de la bière. Pour trinquer une dernière fois. À nos couleurs : bière, blanc, rouge ! C’est bien parisien (français), ça, cette espèce de crânerie trompe la mort, pour la jouissance, toutes les jouissances. C’est parisien, ça, de jeter au milieu des bougies un ticket de métro tatoué « Fluctuat Nec Mergitur » pour entrer en résistance contre ceux qui veulent que Paris ne soit plus une fête. C’est parisien, ça, d’écrire au milieu des bouquets, « Je suis en terrasse et je t’emmerde !». Alors, continuons à traverser la rue en dehors des clous. Nous sommes les seuls à le faire. Ça c’est Paris…

    Ludovic Bischoff

  • Danse contre la mort...

    13 novembre 22h, Paris 16e. La soirée bat son plein chez Sandrine. Les corps tanguent dans le brouhaha d’une jolie fête insouciante lorsque les premiers textos se frayent un chemin dans les bruits de la fête. Les visages s’affolent, les téléphones s’agitent. Certains rejoignent une pièce plus calme. On allume la TV. Le sinistre décompte des morts s’égrène. Une responsable de BFM est présente. Elle part en trombe.
    Chacun tente de joindre les siens. Les proches vont bien, mais les autres ? Les dés du hasard sont en ébullition. L’un était au Bataclan il y a trois heures. Un journaliste ami est coincé à l’intérieur. Une autre encore y donnait un concert la veille. Le fils d’une connaissance a reçu une balle dans la cuisse. D’autres sont bloqués dans des cafés du 11e ou ont eu leur porte défoncée par le Raid. Et puis il y a les silencieux. Les amis plus lointains dont on découvrira la disparition, au fil des jours qui suivent.

    Pour l’instant, dans le brouhaha de la soirée, l’information peine encore à s’imposer. Certains ignorent tout ou partie du drame. Les autres n’en mesurent pas toujours la portée ou ne savent sur quel pied danser. Rentrer, rester, danser ? Affolés, certains veulent partir, rejoindre leurs proches. Une carte parisienne des attentats surgit sur les portables. Entre le 11e et le stade de France, depuis le 16e, on doit bien trouver un trajet de retour ? Paris est bouclé, fermeture des frontières dit-on. Plan blanc, plan rouge, cartographie du sang… Les uns sidérés, tétanisés, angoissés tournent en rond, rivés à leurs portables. Les autres, inconscients ou bravaches, préfèrent tenir le drame à distance. Impassible, la djette poursuit sa tâche et la musique balance. Danser contre la mort, contre l’horreur, dans un ultime déni, grappiller les derniers instants de l’insouciante vie d’avant. Réflexe de vie. Comme à Beyrouth, comme à Tel Aviv. Refuser de leur faire le cadeau de notre joie de vivre. D’ailleurs on ira aussi en terrasse, dans les théâtres. Même pas peur…

    Malgré tout, la réalité du drame qui se joue à l’autre bout de Paris enfle peu à peu jusqu’à envahir tout l’espace. Il est à peine minuit lorsque les derniers invités s’en vont.
    Retour blafard dans Paris désert. Regard vers la tour Eiffel nimbée de lumière, si belle et si menacée. Nostalgie déjà des années de paix insouciante. De fraternité confiante. De certitudes tranquilles. Cette fois ci, la fête est bien finie.

    Cécile Sepulchre

  • Love Paris

    C’est loin la Chine. Trop loin pour ne pas s’affoler, craindre le pire. Et pas assez pour ne pas ressasser et partager la colère qui gronde. Il m’aura fallu attendre trois jours, 3 X 24 heures interminables pour atterrir à Paris et retrouver la place qui devait être la mienne : auprès des miens et de tous ceux qui pleuraient les leurs. C’est le cœur serré, groggy, que je me suis levée le premier jour parisien qui a suivi mon retour. Avec la crudité frappante que rien ne serait plus jamais comme avant. Le surlendemain, comme si le destin m’avait intimée de faire l’école buissonnière, me voilà en repérages, forcée de grimper sur la butte au petit matin. La rue Lepic d’abord, son va-et-vient, le Café des deux moulins et l’atmosphère de Jeunet, place des Abbesses et ironie du sort, le Mur des Je t’aime en 280 langues, tiens. Puis la place du Tertre, déserte, (re)devenue presque fréquentable. Le Sacré-Coeur, et quelques touristes émerveillés que ni la pluie battante ni les événements n’ont réussi à décourager. Enfin l’avenue Junot et le petit café qui réchauffe, au comptoir de chez Marcel, à l’angle de la villa Léandre, campagne à Paris. Je me surprends même à faire un crochet par Le Moulin de la Galette… Ce matin gris a dilué (un peu) ma colère et chaque détail trouvait enfin sa place sur la photo. Ce qui m’aurait fait sourire d’ordinaire m’a semblé précieux ce jour-là, y compris les clichés. Surtout les clichés. #loveparis

    Laurence Gounel

  • Une ambiance si unique...

    Hébétée, tétanisée, scandalisée, horrifiée… je pourrais continuer longtemps pour tenter de qualifier les sentiments qui m’ont assailli tout au long de ce weekend d’épouvante. Tant de vies brisées, personne que je connaisse directement me suis-je dis égoïstement, mais tant de personnes que je croise chaque jour, dans ma vie professionnelle, aux terrasses de ces mêmes cafés où je vais, où ma fille et ses amis vont prendre un verre, où nous allons tous. Comment reprendre le cours de la vie ? Oser à nouveau sortir, s’amuser sans se mettre à pleurer ? Tout simplement en voulant les venger. Car ce n’est qu’en allant assidument au café, au restaurant, en nous promenant librement dans cette ville magnifique que nous rendrons hommage à ces morts. Je suis retournée dans Paris, ma ville, notre ville. Morts ou vifs. Ma fille et ses amis ont repris leurs déambulations au gré des rues brillantes de pluie, à s’émerveiller devant le jour qui se lève sur la Seine. A savourer ce grand nuancier de gris qui donne à Paris cette ambiance si unique. A s’émerveiller devant les tourelles de la Conciergerie, les lumières qui brillent sur les pavés de la place de la Concorde.

    Les jours passent et je n’arrive toujours pas à comprendre ce qu’il s’est vraiment passé. Comment toutes ces personnes jeunes ou moins jeunes, toutes belles pour ce qu’elles étaient, ont pu mourir comme ça ? Comment tous ces rires ne résonneront plus jamais ?Comment leurs proches vont devoir continuer à vivre avec ce manque horrible ? Je n’arrive toujours pas à pleurer, mais ma peine est immense. Intense. Irrémédiable. J’ai beau me dire que la vie doit continuer, que nous devons rester debout, fiers et forts, le quotidien reste difficile. Pas tant une question de peur, mais plutôt de détresse. Vous que je ne connaissais pas personnellement, je ne vous oublierais jamais. Et je vais tenter de vivre un peu à votre place toutes ces prochaines années.

    Béatrice Delamotte

  • Paris gardera sa liberté

    Paris… j’y suis née, j’ai appris à marcher, courir et faire du vélo aux tuileries, j’y ai admiré mes premières œuvres d’art au Louvre.
    Je suis une de ces rares à être née ici et à l’arpenter dans tous les sens depuis 30 ans.
    Aujourd’hui je me sens déboussolée et triste de voir ce qu’on fait de ma ville natale, mon Paris… Mais je ne céderai pas.
    « Je continuerai à croire même si tout le monde perd espoir. Je continuerai à aimer même si des autres distillent la haine »
    Paris gardera sa liberté et sa joie de vivre et je ferai tout pour y contribuer.

    Evane Haziza-Bonnamour

  • S’étirer comme un chat

    Ce soir là toute la ville s’est arrêtée. Tout le monde est resté sidéré, interloqué, aux aguets. Les respirations coupées, en apnée. Qu’est ce qui va se passer ?
    Ce n’est pas possible… c’est un mauvais film… pire qu’un mauvais film…
    Et toute la nuit accroché aux infos. Flux de mauvaises nouvelles. Tant de morts, de blessés.
    Premières pensées pour les proches.
    Et constat des dégâts, des douleurs au fur et à mesure des semaines. Et puis comme par hasard, le froid, le ciel gris pluvieux au dessus de la ville. Une semaine après les attentats comme pour accompagner notre tristesse.
    Et puis j’ai patienté, assisté aux flots de paroles, d’émotions s’exprimer d’images, des réactions, belles souvent, bizarres parfois. Tout le monde y allait de son commentaire… tout les monde a réagi avec ses tripes. Tout le monde était touché. Malgré lui.
    La tempête est passée. La douleur est restée, une douleur contenue, une douleur commune. On pouvait la percevoir, la palper, dans les journaux, les rues, les respirations, le désarroi dans les regards. Même les terrasses, les bistros, les rues qui étaient tout de même plus vides qu’avant, avant le jour qui a tout changé.
    Ils ont réussi les idiots à semer le doute, la peur… même si par bravade des pancartes « même pas peur » on été brandies. Mais j’ai eu peur. Une peur égoïste d’abord puis une peur profonde de celle qui fait réaliser que toute liberté est fragile. Comme en Afghanistan, en Egypte, en Syrie…
    Peur que mes enfants ne s’étirent plus comme un chat le matin comme je leur ai appris, peur que je ne puisse plus les accompagner le matin à l’école, le cheveu hirsute, habillée n’importe comment. Peur de ne plus pouvoir aller dîner avec mes copines entre filles, peur de ne plus pouvoir contempler les « Nymphéas » au Musée de l’Orangerie quand ça me chante, peur de ne plus avoir le droit de prendre un café, seule au comptoir, peur que les magnifiques Jardins du Palais Royal et les colonnes de Buren soient détruits, peur de ne plus assister à une pièce de théâtre, peur de ne plus pouvoir la commenter, peur de ne pas pouvoir offrir la transmission et la culture de mon choix à mes enfants, peur que la liberté qui m’a été donnée leur soit refusée demain. Peur que ces idiots réussissent encore leurs mauvais coups. Peur qu’ils volent encore des vies, des jeunesses, des rires et des danses.
    Peur qu’ils nous entrainent dans leur jeu macabre. Peur que la noirceur prenne le dessus.

    Je me suis donné du temps pour réaliser, accepter l’inacceptable. Encore une fois comment continuer ?

    Je suis parisienne, française d’origine coréenne, baptisée avec un nom juif alsacien. Mes enfants sont libano-coréens nés à Paris, leur père est libanais maronite.
    Parce que j’ai eu peur que mes valeurs, ma culture, le monde mélangé que j’aime disparaissent un jour que la violence et l’enfermement deviennent quotidiens, et en hommage à mon pays, la France qui m’a élevée, je continuerai de parler beauté, de joie, de gourmandises et de voyages. On dit que le voyage c’est la liberté.

    PLUME

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