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Mai 2012

Objets peu identifiés avec stars en semi retraite

David Blot

Le journaliste David Blot continue son exploration des différents univers cinématographiques pour Plume Voyage avec cinq films improbables. Comme quoi le mauvais goût et le kitsch sont des valeurs internationales.

The Cannonball Run (1981)

Film sommet pour les fans de grosses cylindrées et autres bolides qui filent très très vite. Pour les cinéphiles, en revanche, c’est d’abord l’un des castings les plus ubuesques du 7e art : Burt Reynolds, Roger Moore, Sammy Davis Jr, Bianca Jagger, Farrah Fawcett, le gros Dom De Luise, Dean Martin (odieusement couperosé), Peter Fonda en Hell’s Angel et même Jackie Chan, inconnu alors aux USA. A partir de là, il ne faut pas s’attendre à un chef d’oeuvre, mais on peut apprécier le défilé de jolies pépées, les cascades à gogo (garanties sans effets spéciaux, certaines sont sidérantes) et quelques bonnes vannes (Roger Moore qui apparaît avec une fille différente à chaque scène, mais doublées par la même actrice). Le tout se termine dans une série de chutes de studio et de fou rires, qui semble indiquer des conditions de tournage assez agréables. Il y a eu une suite en 1984 que je regarderai surement dans une autre vie, avec à peu près les mêmes stars que dans le premier opus en y ajoutant, excusez du peu : Frank Sinatra, Telly ‘Kojak’ Savalas, Shirley MacLaine, Sid Caesar, Tony (Madame est servie) Danza, Ricardo (Love Boat) Montalban et le serial killer de série Z italienne, Henry Silva. Last and very least, il existe un Cannonball III en 1989, mais là y a plus personne question people.

Myra Breckinridge (1970)

Ohlala. Satire fourre tout écrite par Gore Vidal racontant Hollywoood sur fond de travestissement et cross gender, pimentée tout le long d’extraits de films d’archives qui permettent de voir au passage des samples de Richard Widmark, de Marylin Monroe ou de Laurel & Hardy. Pourtant le casting originel est déjà bien embouteillé avec en tête de queue la décidément géniale Raquel Welch (qui joue un homme opérée en femme, si si), tentant de séduire John Huston et qui finit dans le lit de Farrah Fawcett. Donc déjà, Raquel + Farrah, il y a une sorte d’alerte sexy 70’s qui devrait se déclencher en rouge vif chez tout garçon normalement constitué. Mais c’est surtout le grand (le gros ?) retour à l’écran, 27 ANS APRES sa dernière apparition, de Mae West, la plus sulfureuse bimbo à gros seins d’Hollywood. Le film est malheureusement long, ennuyeux, pas très bien rythmé, vaguement haineux, mais constitue un sommet de mauvais goût transformiste – voir par exemple la sodomie pratiquée par Raquel Welch, dildo en ceinture, sur un bellâtre texan que n’aurait pas renié Warhol. Ce qui, pour 1970, est quand même assez osé. Gore Vidal eut tellement de dégoût pour le résultat final qu’en apprenant que le réalisateur de ce film avait finit pizzaiolo il déclara, soulagé, que la preuve était faîte de l’existence de Dieu.

http://www.youtube.com/watch?v=ezSsK3SgVk8

Bluebeard (1972)

Etonnante fin de carrière pour Edward Dmytrick, l’un des « 10 d’Hollywood » bannis du Mc Carthysme, et pilier du film noir 50’s, qui signe ici une co-production italienne revisitant à la crapuleuse le mythe de Barbe Bleue. Richard Burton, qui tient le rôle titre, séduit puis tue successivement un défilé de starlettes plus ou moins oubliées, et ici désabilléés : Joey Heartherton, Virna Lisi, Nathalie Delon (plutôt plus que moins dans le déshabillage pour madame Alain Delon), Karin Schubert, Agostina Belli, Sybil Danning… et bien sur Raquel – ahhh Raquel -, Raquel Welch en bonne soeur nympho tendance SM. Tout ceci est fort curieux – y a même Jean Lefebvre qui se promène en arrière plan -, parfois drôle, la bande originale d’Ennio Morricone plutôt bien, mais ça se traine sur tant de minutes, 125 exactement, que l’avance rapide peut s’avérer utile. En l’occurrence le film est dispo en intégrale sur youtube ci dessous.

http://www.youtube.com/watch?v=gTL3W9DHkYc&feature=related

Billy Jack (1971)

Reprenez votre souffle : Billy Jack est un métis Indien, ex-béret vert, ancien du Vietnam, apôtre de la non violence, pratiquant les arts martiaux, et gardien d’une « Free School » hippie au sein d’une petite ville américaine réactionnaire. Il y eut quatre films de Billy Jack, tous réalisés joués et écrits par un total inconnu chez nous, Tom Laughlin. Le premier n’a couté que 800 000 dollars pour un box office hallucinant – même en termes actuels – de 65 millions de dollars ! Un vrai, énorme, succès, du cinéma US complètement oublié et à peine diffusé en France. L’ensemble multiplie les genres et les pistes parfois contradictoires : comédie teenager et romantique, grandes envolées lyriques naturalistes (l’intro avec les chevaux est assez belle), bagarres à la Bruce Lee, violence à la Dirty Harry, final dramatique, baba coolisme totalement assumé (un autre monde vraiment !) et un vrai discours politique anti raciste et pro Indiens. Aussi irregardable qu’il puisse être par endroits et beaucoup trop long, Billy Jack vaut le coup pour des séquences d’improvisations très bien jouées et originales, les étudiants de la free school étant essentiellement issu d’une ligue théâtrale d’improvisation. Le trailer étant à l’image des errances du film, je vous le recommande, et c’est bien plus court ainsi.

The Stud (1978) et sa suite The Bitch (1979)

Donc, euh deux films érotico disco cheap qui se suivent, le premier sur un étalon gigolo (The Stud), l’autre sur une pute (The Bitch, bravo). Dans les deux en star Joan – Dynasty ! – Collins qui mérite le titre de SLUT ultime, et le tout est tiré de best sellers de Jack Collins, soeur de Joan. Ça vous va comme ça ? Je pense qu’il faut être très gay ET très pervers pour supporter l’ensemble – l’une des deux caractéristiques ne suffisant probablement pas. Fermez la télé, vous êtes au sommet de l’improbable, allez danser maintenant.

http://www.youtube.com/watch?v=D2DcDLLOO5s


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