11/17
fren
Partager
  • twitter share button
novembre 2015
Retour à l'article

Ça c'est Paris

Paris par Ludovic Bischoff @ Plume Voyage Magazine

C’est une rue pas vraiment belle. Sans charme même. Il y a un bar où je n’allais pas trop car l’accueil n’y étaient pas toujours très sympa. Et un resto cambodgien où j’ai voulu aller plusieurs fois mais qui était toujours bondé. Presque autant que son grand frère, un peu plus loin dans la rue, que, lui, je fréquente depuis des années. C’était déjà un rendez-vous des gourmands d’Asie avant que le quartier ne devienne « à la mode ». C’est dire ! J’y étais il y a quelques jours, avant…

Dans cette rue sans intérêt, ont été abattus des hommes et des femmes parmi lesquelles j’aurais pu être. En y passant, ce matin, cette rue anonyme ne l’était plus. Des milliers de fleurs et de bougies masquaient les impacts de balles sur le trottoir. Faisant déjà disparaître le dérisoire passage des lâches à la kalach, déjà oubliés, éclipsés par la lumière des chandelles et masqués par le parfum des fleurs. Dans cette rue de Paname, j’ai retrouvé l’esprit parisien parmi les hommages du trottoir. Oui, ces parisiens mal léchés, toujours pressés et qui aiment s’imaginer parents éloignés de tous les Gavroche qui ont usés leurs galoches sur les pavés. Les parisiens, ces sales gosses qui traversent à 10 mètres d’un passage piéton, quand le feu est vert pour les voitures, le portable collé à l’oreille, la clope au bec et en pestant contre les crottes de chien… Il est comme ça, le parisien, il se fout un peu de tout et de tout le monde. Et même de ceux qui veulent l’empêcher de trainer en terrasse, même quand il pleut et qu’il fait froid car « on est si bien en terrasse » !

Alors j’ai souri ce matin en voyant des bouteilles de vin parmi les fleurs, sur les flaques de sang séché. Du vin rouge, du blanc et de la bière. Pour trinquer une dernière fois. À nos couleurs : bière, blanc, rouge ! C’est bien parisien (français), ça, cette espèce de crânerie trompe la mort, pour la jouissance, toutes les jouissances. C’est parisien, ça, de jeter au milieu des bougies un ticket de métro tatoué « Fluctuat Nec Mergitur » pour entrer en résistance contre ceux qui veulent que Paris ne soit plus une fête. C’est parisien, ça, d’écrire au milieu des bouquets, « Je suis en terrasse et je t’emmerde !». Alors, continuons à traverser la rue en dehors des clous. Nous sommes les seuls à le faire. Ça c’est Paris…

Ludovic Bischoff

  • Parutions Capsule de Plume

    Parutions Capsule de Plume

    Parutions Capsule de Plume pour le Parfum de Valise

  • Pour les annonceurs de Plume Voyage

    Pour les annonceurs de Plume Voyage

    Pour les annonceurs de Plume Voyage

  • Découvrez les News Parisiennes de Plume Voyage Magazine

    Découvrez les News Parisiennes de Plume Voyage Magazine

    Découvrez les News Parisiennes de Plume Voyage Magazine

  • Forbes

    Forbes
  • haut de page