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Décembre 2011

De Paris à la Lune

David Blot

Cinquième édition de la chronique du journaliste David Blot. Il nous entraîne cette fois à la (re)découverte de quelques films fondateurs de leur genre.

Zazie dans le métro (1960)
Nous sommes à Paris avec cette adaptation quasi contemporaine (le livre date de 1959, le film de l’année suivante), par un encore tout jeune Louis Malle, du classique de Raymond Queneau. A priori intransposable sur grand écran, Malle enrôle Philippe Noiret en oncle Gabriel et une toute jeune Catherine Demongeot en Zazie du titre, et s’amuse avec les images comme Queneau s’amusait avec les mots. Un poil Jacques Tati, un brin Blake Edwards, et des citations directes de Mad Magazine, tout ceci est vraiment agité, parfois très joli, parfois un peu longuet, mais donne sacrément envie de relire le livre… Difficile d’éviter la nostalgie du Paris disparu, pour un film pourtant fort irrévérencieux à sa sortie.

http://www.youtube.com/watch?v=SGuL_D-_NZk&feature=related

Voyage dans la Lune (1902)
Nous sommes… sur la Lune ! Autant tout reprendre à zéro. Le premier, et certifié, blockbuster international de l’histoire du cinéma est français. En 12 minutes, Méliès compose un univers lunaire à mi-chemin de H.G. Wells et de Jules Vernes avec des anges féminins courts vêtus et, bien sur, une grosse fusée dans l’oeil. Par rapport aux films balbutiants de l’époque, quasiment tous documentaires, Le Voyage dans la Lune reste un manifeste de fiction absolue. Le Voyage ressort aujourd’hui en 2011 avec une version colorisée et pourtant d’époque – figurez vous, qu’en 1902, chaque image était alors peintes à la main – et avec une nouvelle bande son signée Air.

http://www.youtube.com/watch?v=oYRemE9Oeso&feature=fvst

Les Vampires (1915 / 10 épisodes)
Retour à Paris pour rester dans le muet. Les Vampires de Louis Feuillade en 10 épisodes est sans aucun doutes l’une des plus passionnantes oeuvres du cinéma français et pose une question : comment un pays, la France, qui a produit en l’espace de trente ans autant d’icônes absolues de la culture pop (Jules Vernes, Gustave Eiffel, Maurice Leblanc, Méliès et Louis Feuillade, excusez du peu) a pu devenir aussi ringard tout le reste du XXe siècle ? Je vois un début de coupable dans les années 1930 avec Jacques Prévert… mais ça se discute. Et les Vampires, eux, se dévorent. Chef d’oeuvre !!!

The Tall T (1957)
Nous sommes dans l’Arizona. Ecrit par Burt Kennedy à partir d’une histoire d’Elmore (Jackie Brown) Leonard, The Tall T (traduit en français par L’homme de l’Arizona) est l’un des sept westerns communs du réalisateur Budd Boetticher et de l’acteur Randolph Scott. Court, sec et simple, le film démarre par une vingtaine de minutes toutes guillerettes, limite Petite Maison dans la prairie, avant de dériver sur une prise d’otages d’une maturité psychologique étonnante (avec des questionnements moraux typique de Boetticher) et de s’achever sur une fusillade sanglante, Et tout ceci en 1h18. Parmi les bad guys, on note l’ex-Jane de Tarzan, Maureen O’Sullivan, et le premier rôle cinématographique de la futur star des séries Z italienne, Henry Silva à la tronche pas possible de fer à repasser. A noter que le titre, The Tall T, ne fut choisit ni par les auteurs, ni par le réalisateur… et d’ailleurs personne n’a jamais su ce qu’il pouvait bien signifier. On connaît Ford, parfois Mann, mais Boetticher reste à redécouvrir dans les maîtres du western concis et précis, The Tall T pouvant faire figure d’introduction parfaite.

The Shanghai Gesture (1941)
Nous sommes dans un Shanghai interlope et métèque, un décor unique de casino et autant de personnages que de passés obscurs et de destins brisés. Cocktail parfait pour Joseph Von Sternberg, servi par une distribution hallucinante : Walter Huston en homme d’affaires corrompu, Ona Munson en ‘Mother’ Gin Sling taulière impitoyable, Victor Mature aka Dr Omar, faux arabe perfide, mais vrai charlatan, Marcel Dalio en croupier français, sans mentionner (d’ailleurs je ne trouve pas son nom) l’obligé gras et riche chinois avec ses femmes en cages vendues au marin le plus offrant. Mais pas touche à Gene Tierney, gros chinois, elle bien trop belle pour toi ! L’exotisme colonial dans sa plus sadique dépravation. Et Gene, d’ajouter « encore » du bout des lèvres… Beauté et stupre au sommet, et Gene Tierney tout là haut, juste parfaite.


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