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Octobre 2011

L'artiste Libanais Joe Kesrouani

 

L’anti-conventionnel

Marie Le Fort

Artiste touche à tout, le libanais Joe Kesrouani est peintre, directeur artistique, graphiste et, surtout, un excellent photographe.

Ses portraits interpellent, fascinent ; dérangent parfois aussi. Sortant du cadre et dépassant la fine pellicule du papier glacé, ils parlent du Beyrouth créatif que peu connaissent. De ces personnages de l’ombre qui façonnent la capitale avec insolence et talent,, force et courage. Au fil des pages de « Monochromes 1989-2009 », un recueil de photographies en noir et blanc qui a récemment rejoint la médiathèque de la Maison Européenne de la Photographie, Joe Kesrouani dresse le portrait d’une société libanaise en devenir entre certitudes et errements. « Ses photos insistent, à travers chaque prise, sur le fait que la vie est là, brute, énergique, pleine de désirs qui s’affranchissent des moralités sans lendemain et des politiques de prudence ».

Car partout où il va, Joe Kesrouani pose un regard brut, acéré et contrasté sur le monde qui l’entoure. A l’image de ces paysages de montagne pris sur le vif à Faraya, un après-midi où le vent, violent, poussait d’énormes nuages. « Il n’y avait personne dans le décor, et tout d’un coup la météo a transformé le ciel en un puissant paysage atmosphérique contrasté. On aurait dit un volcan éteint en train de fumer, un paysage de fin de monde. Je n’aime pas les photos faciles et là, la lumière, venue d’ailleurs, est venue leur donner une dimension à part », se souvient-il. En dramatisant les tirages avec du bleu de Prusse, Joe Kesrouani est parvenu à leur donner une dimension intemporelle, qui sera prochainement relayée dans une galerie à Tokyo.

Si Joe continue de peindre, d’imaginer l’identité graphique de marques qui le touchent, il n’est pourtant pas dupe du vide culturel et du consumérisme qui règnent de plus en plus dans la société libanaise, et de ses interdits flagrants, notamment dès qu’il s’agit d’exposer des nus- il prépare un second livre de portraits, des nus, cette fois-ci. « Souvent on vient me voir, en surface, pour un portrait, et la conversation évolue vers la psychanalyse. Poser nu permet de s’affranchir des conventions ; en suggérant une pose nue, je pousse les gens à s’exprimer, à s’accepter tels qu’ils sont. Et non pas tels qu’ils devraient être », conclut le photographe.

Joe Kesrouani est ainsi : attiré par la beauté des Françaises, profondément attaché à sa terre natale et pourtant critique de ses dérives. En quête de fond, et de sens, dans chacune de ses actions. Artiste caché, qui travaille à la lumière des bougies quand l’électricité est coupée, Joe Kesrouani est assurément l’un des moteurs artistiques de Beyrouth qui fait fi de tous les formatages. Sauf peut-être celui de l’objectif…

 

Monochromes 1989-2009 est paru aux Editions 18+

www.18editions.com

Les œuvres et photographies de Joe Kesrouani sont visibles sur :

www.joekesrouani.viewbook.com


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